Des anonymes et voisins sont venus déposer quelques fleurs devant la maison des Troadec à Orvault.
Des anonymes et voisins sont venus déposer quelques fleurs devant la maison des Troadec à Orvault. — F.Brenon/20Minutes

FAITS DIVERS

Affaire Troadec: Le récit des événements, un an après

Il y a un an, le 16 février 2017, quatre membres d’une même famille disparaissaient près de Nantes. La suite deviendra une affaire criminelle hors norme…

  • Pascal et Brigitte Troadec, ainsi que leurs deux enfants Sébastien et Charlotte, ont été assassinés le 16 février 2017, chez eux, à Orvault.
  • Après avoir avoué les crimes, Hubert Caouissin a été mis en examen et écroué en mars 2017.
  • Plusieurs questions restent sans réponse, notamment le mobile exact.

Il y a un an, Pascal (49 ans), Brigitte (49 ans), Sébastien (21 ans) et Charlotte (18 ans) Troadec sont tués dans leur maison d’Orvault, près de Nantes. Leurs corps, réduits en morceaux et brûlés, seront retrouvés dans une ferme à 240 km de là. L’affaire, considérée comme « hors norme » par le procureur de la République de Nantes, a suscité une vive émotion. Récit des événements en 15 dates clés.

Pascal, Brigitte, Charlotte et Sébastien Troadec.
Pascal, Brigitte, Charlotte et Sébastien Troadec. - AFP-Police judiciaire

16 février 2017 : Brigitte Troadec donne, pour la dernière fois, des nouvelles à ses sœurs. Le soir venu, vers 22h, Hubert Caouissin, beau-frère de Pascal Troadec, approche discrètement de la maison familiale d’Orvault, profite d’une porte ouverte pour entrer, et se cache dans la buanderie. C’est la nuit du drame.

17-18 février 2017: Personne ne le sait à ce moment-là mais, après être rentré chez lui dans le Finistère, Hubert Caouissin revient à Orvault effacer les traces des crimes et déplacer les corps.

23 février 2017 : Inquiète de ne plus avoir de nouvelles, l’une des sœurs de Brigitte Troadec alerte la police. Celle-ci se rend à Orvault et découvre des traces de sang. Une enquête criminelle est ouverte.

La maison de la famille Troadec à Orvault près de Nantes.
La maison de la famille Troadec à Orvault près de Nantes. - F.Brenon/20Minutes

25 février 2017 : Les policiers ne retrouvent pas la voiture du fils, Sébastien. Ils étudient minutieusement sa personnalité troublée. Son signalement est diffusé à tous les commissariats.

27 février 2017 : D’autres traces de sang, nettoyées, sont repérées un peu partout dans la maison. L’ADN parle : il s’agit du sang de Pascal, Brigitte et Sébastien Troadec. Celui de la fille, Charlotte, manque à l’appel. A ce stade, le procureur n'exclut ni la piste d'un drame familial, ni l'intervention d'une tierce personne.

1er mars 2017 : Un jean et la carte Vitale de Charlotte Troadec sont découverts par une joggeuse près de Dirinon, dans le Finistère, département d’origine du couple Troadec. Les enquêteurs retrouvent également un livre de jeunesse ayant appartenu à Pascal Troadec, ainsi que des draps.

2 mars 2017 : La Peugeot 308 du fils Sébastien Troadec est retrouvée à Saint-Nazaire, garée dans un quartier proche du port. Elle a été nettoyée de fond en comble.

La voiture de Sébastien Troadec a été retrouvée à Saint-Nazaire le 2 mars 2017.
La voiture de Sébastien Troadec a été retrouvée à Saint-Nazaire le 2 mars 2017. - JS Evrard/AFP

5 mars 2017 : Hubert Caouissin et sa compagne sont placés en garde à vue. L' ADN du beau-frère a été identifié sur un verre posé dans la cuisine des Troadec. Le Brestois, qui avait déclaré aux policiers quelques jours plus tôt n’avoir aucun contact avec la famille disparue, a donc menti. Pendant la garde à vue, la police scientifique révèle que l’ADN d’Hubert Caouissin se trouve aussi dans la voiture de Sébastien Troadec. L’étau se resserre.

6 mars 2017 : Sous pression, Hubert Caouissin avoue. Il explique avoir tué les quatre membres de la famille à l’aide d’un pied-de-biche subtilisé à Pascal Troadec. Un héritage de pièces d’or non partagé l’aurait poussé à venir espionner les Troadec chez eux à Orvault. Il est mis en examen et écroué pour « assassinats » et « atteinte à l’intégrité d’un cadavre ». Sa compagne, Lydie Troadec, sœur de Pascal Troadec, est mise en examen et écrouée pour « modification de l’état des lieux d’un crime et recel de cadavres ».

Hubert Caouissin lors de son transfert à Pont-de-Buis le 8 mars 2017 pour participer à la recherche des restes des corps de la famille Troadec.
Hubert Caouissin lors de son transfert à Pont-de-Buis le 8 mars 2017 pour participer à la recherche des restes des corps de la famille Troadec. - F.Tanneau/AFP

8 mars 2017 : En présence des suspects, des fouilles sont menées à Pont-de-Buis-lès Quimerch (Finistère), dans la ferme d’Hubert Caouissin. Des restes humains, mais aussi des bijoux et des objets dérobés dans la maison du drame seront découverts. Ce n’est pas le cas pour l’arme du crime, toujours introuvable.

21 mars 2017 : Les analyses ADN confirment que les restes humains appartiennent bien aux quatre membres de la famille. Les recherches sont stoppées. Les crânes n’ont pu être trouvés.

Recherche des corps de la famille Troadec à Pont-de-Buis-lès-Quimerch.
Recherche des corps de la famille Troadec à Pont-de-Buis-lès-Quimerch. - F.Tanneau/AFP

6 avril 2017 : Les juges d’instruction auditionnent pour la première fois Hubert Caouissin sur les faits, pendant près de 6 heures. Le suspect sera ensuite interrogé à trois autres reprises, comme le 6 février 2018, date à laquelle il a précisé au juge comment ses relations avec les victimes s’étaient détériorées. Selon ses avocats, il est à chaque fois « très prolixe ».

19 mai 2017 : Trois mois après le drame, plus de 200 personnes assistent, dans l’intimité et sous protection des forces de l’ordre, aux obsèques de la famille Troadec. Une éprouvante cérémonie qui se déroule à Landerneau, dans le Finistère, d’où était originaire la mère, Brigitte.

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5 juillet 2017 : Lydie Troadec, compagne du principal suspect, est remise en liberté et placée sous contrôle judiciaire. Selon la loi, celle qui a été mise en examen pour « recel de cadavre » et « modification des lieux d’un crime », ne pouvait rester en détention provisoire plus de quatre mois.

16 février 2018 : Un an après, l’instruction continue et des zones d’ombre persistent, comme le vrai mobile du crime. Un anniversaire très difficile à vivre pour la famille des victimes en attendant une reconstitution, puis le procès qui ne devrait pas se tenir avant fin 2019.