VIDEO. Affaire Maëlys: «Cette pauvre petite va enfin pouvoir reposer en paix»

REPORTAGE A Pont-de-Beauvoisin, en Isère, les habitants, qui ont suivi l’affaire au quotidien, affichent une grande tristesse mais aussi un soulagement après les premiers aveux de Nordahl Lelandais…

Elisa Frisullo

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Le 15 février 2018, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, devant la salle des fêtes où avait disparu Maëlys dans la nuit du 26 au 27 août 2017.
Le 15 février 2018, à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, devant la salle des fêtes où avait disparu Maëlys dans la nuit du 26 au 27 août 2017. — E. Frisullo / 20 Minutes
  • A Pont-de-Beauvoisin, où la fillette de 9 ans avait disparu fin août, les habitants sont soulagés ce jeudi que la vérité ait commencé à éclater et que le corps de l’enfant ait été retrouvé.
  • Dans ce paisible village, situé à une quinzaine de kilomètres du lieu où les « restes » de la fillette ont été retrouvés, cette sombre histoire a assombri les esprits.

Devant la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin (Isère) où la nuit d’horreur de Maëlys a commencé, une bougie a résisté à la pluie qui tombe en continue sur le village et brille. Depuis que Nordahl Lelandais est passé aux aveux et que « des restes » de la petite fille de 9 ans ont été retrouvés dans le massif de la Chartreuse, à une quinzaine de kilomètres de là, des anonymes défilent devant ce lieu du souvenir, installé peu après la disparition de l’enfant. Des photos de la fillette, des mots, des dizaines de peluches et des bougies y ont été déposées ces derniers mois.

« Nous venons régulièrement ici. Les nouvelles d’hier nous ont beaucoup chamboulés, les enfants et nous. Les petits tenaient absolument à venir déposer des doudous pour Maëlys », confie Rosalie, venue en famille ce jeudi rendre hommage à la fillette décédée. Comme cette maman, les habitants de la commune ont suivi, presque au quotidien, l’affaire et l’évolution de l’enquête jusqu’au dramatique dénouement. « Cette enfant est dans tous les esprits depuis des mois. Pont-de-Beauvoisin ne sera plus jamais comme avant », estime cette habitante.

« Enfin, il a avoué »

A deux pas de là, dans le centre du village, beaucoup refusent désormais de répondre aux journalistes qui défilent en nombre depuis la disparition de Maëlys. Cette dramatique histoire est venue assombrir les esprits de cette commune, paisible jusqu’alors. « Cela fait plus de 50 ans que je vis ici. Ces affaires, on les voyait dans les journaux, on suivait cela de loin. Là, c’est venu nous toucher en plein cœur », indique Andrée, 76 ans.

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Lorsqu’elle a su mercredi que le corps de la fillette avait été retrouvé, elle s’est sentie soulagée. « Enfin, il a avoué. La famille de l’enfant va pouvoir se recueillir et commencer son deuil. Cette petite va enfin pouvoir reposer en paix », ajoute cette riveraine, peu convaincue par la ligne de défense adoptée par le meurtrier présumé. « Je ne crois pas un instant à la mort involontaire », lâche-t-elle.

Pont-de-Beauvoisin, le 15 février 2018. Des anonymes viennent se recueillir devnat la salle des fêtes du village, où la Maëlys avait disparu fin août 2017.
Pont-de-Beauvoisin, le 15 février 2018. Des anonymes viennent se recueillir devnat la salle des fêtes du village, où la Maëlys avait disparu fin août 2017. - E. Frisullo / 20 Minutes

« Une horreur comme celle-ci peut arriver partout »

Attablée dans l’un des cafés de Pont-De-Beauvoisin, Chloé, 23 ans, a les yeux rivés sur la chaîne d’infos rappelant, en boucle, les derniers rebondissements de l’affaire. « J’ai suivi, forcément, parce que cela s’est passé chez nous et que c’est un gars du coin qui a fait ça. Personne ne doutait de sa culpabilité, alors je n’ai pas été franchement surprise qu’il avoue l’avoir tuée. Il a fini par craquer, c’est bien », lâche-t-elle.

Depuis la disparition de Maëlys, cette mère de famille avoue prendre davantage de précautions avec son fils de 6 ans. « A l’école, les parents arrivent plus tôt qu’avant à la sortie pour récupérer les petits. On a tous pris conscience qu’une horreur comme celle-ci pouvait arriver partout », ajoute la jeune femme, dont les pensées vont également à la famille de l’ancien militaire.

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« Je connais sa maman, c’est une femme bien. Quand on est mère, on ne peut pas imaginer de telles choses de la part de son fils. Il a fait ces horreurs à côté de la maison de ses parents et il a dû rentrer après comme si de rien n’était. C’est monstrueux. Ces deux familles doivent vivre un enfer. »