Épidémie de rougeole en Nouvelle Aquitaine: Après un décès, les autorités rappellent que le vaccin est le seul remède

EPIDEMIE Les autorités sanitaires viennent d’annoncer ce mardi le décès d’une trentenaire qui avait été contaminée par la rougeole dans la Vienne. Depuis cet automne, la région est touchée par une épidémie et les campagnes de sensibilisation à la vaccination sont renforcées…

E.P.

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Illustration d'un vaccin.

Illustration d'un vaccin. — M.Libert/20 Minutes

Les autorités sanitaires annoncent ce mardi qu’une femme de 32 ans contaminée par le virus de la rougeole est décédée samedi au CHU de Poitiers. La jeune femme avait été admise à l’hôpital le 1er février et a été prise en charge par le service de réanimation le 2 février. L’agence régionale de santé précise qu’elle n’était pas vaccinée contre la rougeole, alors qu'une épidémie sévit dans la région depuis l'automne. 

La jeune femme souffrait d’autres pathologies, selon le communiqué du CHU de Poitiers, mais l’agence régionale de santé (ARS) souligne que les formes graves de la rougeole peuvent également concerner les personnes ne présentant aucune autre maladie.

Elle aurait contracté la maladie aux urgences

Dans un entretien accordé au quotidien Centre Presse, la mère de la patiente décédée affirme qu'elle avait contracté la maladie aux services des urgences, où elle faisait hospitaliser son père fin janvier.

« C'était au moment de l'épidémie de rougeole, il y a avait des gens partout qui attendaient pour ça. Ils n'avaient pas encore mis les masques de protection, il n'y avait pas les messages de prévention, ils l'ont fait après », explique la mère de la victime sur le site internet du journal. « Je l'ai emmenée aux urgences le 1er février, elle était bleue, elle avait 41°C de fièvre ! Ma fille faisait partie de ces enfants qui étaient passés à côté de la vaccination. A cette époque-là on nous disait que ça n'était pas nécessaire », ajoute-t-elle.

La ministre de la santé Agnès Buzyn, a réagi au décès de la jeune femme sur LCI en appelant de ses voeux une meilleure couverture vaccinale. Elle y parle de 50 personnes en réanimation à ce jour mais il s'agit en fait, selon une rectification du ministère de la santé, de 53 patients contaminés par la rougeole qui ont fait face à des complications en 2017. 

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A ce jour, 70 % des cas français sont recensés en Nouvelle Aquitaine, soit 269 cas de rougeole depuis le 1er novembre 2017. Quatre personnes, dont la jeune femme décédée, ont été admises en réanimation dans la région. « Les trois autres personnes ont passé un cap et leur pronostic vital ne semble pas engagé », explique Daniel Habold, directeur santé publique à l’ARS. Alors que les vacances scolaires d’hiver viennent de commencer dans la région, et pourraient favoriser la circulation du virus, l’agence renforce ces messages de prévention, rappelant que la vaccination (Rubéole-Oreillon-Rougeole ROR) est le seul traitement contre cette maladie.

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Une vingtaine de nouveaux cas déclarés chaque jour

Alors qu’il faudrait une couverture vaccinale de 92 à 95 % pour que le virus arrête de circuler, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), elle n’est que de 70 à 83 % selon les départements en Nouvelle-Aquitaine (des chiffres comparables à la moyenne nationale). « Tous les jours on a une vingtaine de nouvelles déclarations de cas, précise Martine Charron, médecin épidémiologiste à la cellule régionale santé publique France (Cire). En trois semaines, le nombre de cas en Gironde a doublé ». Le pic de l’épidémie, qui a démarré sur le campus bordelais, ne semble pas encore passé. « On le connaît souvent une fois qu’il est passé, estime Martine Charron. Mais il n’y a pas de baisses de déclarations depuis quelques semaines, on est au minimum en plateau épidémique ».

La rougeole fait partie des maladies à déclaration obligatoire, c’est-à-dire que le médecin qui diagnostique la maladie chez un patient le signale à l’ARS qui mène une enquête de proximité pour éviter la diffusion de la maladie. « Entre le 1er novembre 2017 et aujourd’hui, il y a eu 66 hospitalisations, relève l’épidémiologiste. Il faut donc retenir qu’une personne sur quatre qui contracte la rougeole est hospitalisée ».

Une grosse épidémie a eu lieu en 2011

« En 2011, il y avait eu une très grosse épidémie, explique Daniel Habold, tout l’enjeu de la campagne actuelle est d’éviter qu’il y ait autant de cas et que la situation épidémique ne gagne pas d’autres territoires de façon trop importante. » Une dizaine de personnes étaient alors décédées.

L’ARS invite la population à vérifier son statut vaccinal (deux injections sont nécessaires pour être protégé contre le virus). En cas de symptômes (plus de 38,5 °C de fièvre, toux, yeux qui coulent, boutons etc.), il faut consulter en prenant des précautions pour ne pas contaminer son entourage (port d’un masque par exemple). Si on est en contact avec la maladie, on a quatre jours pour se faire vacciner. 

Entre 2008 et 2017, 20 personnes sont décédées de la rougeole en France.