Somme: Un ado écroué, soupçonné du meurtre d'un élève de sa classe

JUSTICE Presqu’un an après la mort d’un élève de sa classe, un jeune homme de 18 ans a été placé en détention provisoire…

20 Minutes avec AFP

— 

La ville de Ham, dans la Somme.
La ville de Ham, dans la Somme. — Maps4news

Il est soupçonné d’avoir tué l’un de ses camarades de classe. Un adolescent de 18 ans a été mis en examen pour homicide volontaire et écroué jeudi soir, a annoncé le procureur de la République d’Amiens, Alexandre de Bosschère.

>> A lire aussi : Deux collégiens de 12 ans agressent et menacent de brûler un camarade

Du sang sur les chaussures

« Déjà placé en garde à vue le 31 mars 2017, au lendemain de la découverte du corps sans vie de Clément Brisse, il était dans la même classe que ce dernier (…); il était également la dernière personne à l’avoir vu en vie », écrit Alexandre de Bosschère dans un communiqué.

« Les expertises génétiques réalisées sur ses effets personnels ont permis de découvrir le sang de la victime sur l’une des chaussures, qu’il portait le jour des faits, alors qu’il affirme ne jamais s’être rendu sur la scène de crime », poursuit le magistrat. Il était alors mineur et a maintenu qu’il était « étranger au décès » de la victime.

Une plaie à la gorge

Le corps de Clément Brisse, 16 ans, avait été retrouvé dans un étang, le 30 mars 2017 au soir, à une centaine de mètres du lycée professionnel Peltier de Ham, où il était scolarisé. Il présentait une plaie à la gorge et une autre plus légère à l’abdomen, jugées à l’époque compatibles avec un suicide.

Aucune arme n’avait été retrouvée. Une information judiciaire pour homicide volontaire avait été ouverte.

Un autre adolescent, âgé de 17 ans, a été mis en examen pour faux témoignage et placé sous contrôle judiciaire. Egalement élève dans la même classe que la victime, il est soupçonné d’avoir « dissimulé » « des informations essentielles » lorsqu’il a été entendu comme témoin à plusieurs reprises.

Victime de harcèlement

Au cours de sa garde à vue, il a finalement révélé que l’auteur présumé des faits lui avait « montré le cadavre de la victime plusieurs heures avant que celui-ci ne soit découvert par les gendarmes, » sur cette commune de 4.700 habitants, située en zone rurale entre Péronne et Amiens. Les investigations, menées au sein de l’établissement, avaient établi que Clément Brisse avait signalé être victime de harcèlement.

« En l’état, les deux mis en examen ne sont pas désignés comme étant auteurs de faits de harcèlement », a précisé Alexandre de Bosschère à l’AFP, même s'« il y a peut-être des choses qui vont ressortir ». L’instruction va néanmoins se poursuivre et porter sur « le mobile du passage à l’acte ».

Deux autres mineurs, également interpellés, mercredi et jeudi, ont été remis en liberté à l’issue de leur garde à vue.