Rochefort: Le rapport du bureau d'enquêtes pointe l'absence de dispositif d'alerte dans l'accident entre un car et un camion-benne

ACCIDENT Six adolescents avaient trouvé la mort dans leur car scolaire le 11 février 2016, découpé par la ridelle ouverte d'un camion-benne...

M.B. avec AFP

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Un accident a tué 6 adolescents qui se trouvaient dans un car scolaire, ce 11 février 2016, à Rochefort (Charente-Maritime).
Un accident a tué 6 adolescents qui se trouvaient dans un car scolaire, ce 11 février 2016, à Rochefort (Charente-Maritime). — XAVIER LEOTY / AFP

Des dispositifs d’alerte obligatoires dans les camions-bennes auraient permis d’éviter la collision entre un car et un camion dont la ridelle, laissée en position horizontale, avait tué six adolescents le 11 février 2016 à Rochefort (Charente-Maritime), selon un rapport du Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

Les conclusions des experts du BEA confirment celles de l’enquête de gendarmerie menée après le drame, et imputent la collision à la ridelle (paroi métallique maintenant en place le chargement) latérale gauche du camion, oubliée en position horizontale par le conducteur.

Rendre obligatoire l’installation d’alarmes sonores et visuelles

Le flanc de l’autocar, qui assurait la liaison entre l’île d’Oléron et la commune de Surgères, avait été littéralement cisaillé par la ridelle, tuant six des quinze adolescents qui se trouvaient à bord, cinq lycéens et un collégien.

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Selon le rapport d’enquête technique, « la cause directe de cet accident est le dépassement, en largeur, du gabarit du camion », conjugué à d’autres facteurs comme l’obscurité, la bruine, et surtout « l’absence de dispositif d’alerte pour prévenir le conducteur que la ridelle était restée en position ouverte ».

Le BEA-TT recommande donc pour les véhicules lourds « de rendre obligatoire l’installation, dans la cabine, d’alarmes sonores et visuelles » avertissant le conducteur que des ridelles ou autres dispositifs sont bien en position, comme les alarmes signalant une portière mal fermée sur une voiture.

Aucune charge retenue contre le chauffeur du car

« Ces alarmes sonores et visuelles en cabine ne devront pas pouvoir être désactivées facilement par le conducteur ou par toute autre personne non autorisée », ajoute le bureau d’enquête. Il suggère également que « ces alarmes pourraient être remplacées/complétées par des dispositifs empêchant ou limitant à une vitesse très faible (par exemple 5 km/h) l’avancée du véhicule » lorsqu’une telle anomalie est détectée.

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Le chauffeur du camion, qui conduisait le véhicule depuis trois ans, avait été laissé en liberté sous contrôle judiciaire, en région parisienne, dans le cadre « d’une procédure d’éloignement ». Aucune charge n’avait été retenue contre le chauffeur du car.

Toujours en Charente-Maritime, à Saint-Germain-de-Marencennes, un accident similaire provoqué par une ridelle de camion oubliée par le chauffeur en position horizontale a fait un mort en novembre dernier.