Meurtre d'Alexia Daval: L'avocat de Jonathann fait face aux critiques

CRITIQUES « Je suis fatigué et dans un état de saturation totale », confie Me Randall Schwerdorffer...

C. Ape.

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L'avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer
L'avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer — SEBASTIEN BOZON / AFP

Certains ont estimé qu’il avait été trop bavard. Me Randall Schwerdorffer, l’avocat de Jonathann Daval, mis en examen et écroué après avoir reconnu le meurtre de son épouse  Alexia, est revenu sur les critiques dont il a été la cible après ses déclarations à la presse.

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Avant les aveux de son client, le conseil de Jonathann Daval avait déclaré que ce dernier n’était « pas soupçonné par hasard ».

« J’ai été maladroit sur beaucoup de choses »

« Je suis fatigué et dans un état de saturation totale », explique le conseil dans les colonnes du Point. Affirmant ne « rien regretter de ce qu’il a fait », l’avocat qui exerce depuis 18 ans (dont 15 en tant que pénaliste) confie toutefois avoir été dépassé.

« J’ai été complètement dépassé par l’ampleur que je n’imaginais même pas que prendrait cette affaire. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de renoncer à tous les plateaux télé que l’on me propose depuis deux jours. Ce n’est pas dans l’intérêt de Jonathann. Et puis j’ai besoin de travailler sur ce dossier. Je ne suis pas un acteur, je ne suis pas là pour me montrer. Je n’ai pas choisi ce métier pour m’exhiber devant les caméras et je refuse l’exercice », explique-t-il à l’hebdomadaire.

Me Randall Schwerdorffer concède avoir « été maladroit sur beaucoup de choses ». « Je reconnais que je n’ai pas les codes, je n’ai pas les mots. J’ai bien compris que j’avais été maladroit sur beaucoup de choses, mais simplement j’ai parlé dans l’instant et je n’ai pas triché, voilà. »

« Ceux qui m’ont critiqué ne sont pas les plus compétents »

Pour autant, il dit ne pas comprendre la réaction du bâtonnier de Besançon, qui a rappelé mercredi les règles déontologiques aux deux avocats de Jonathann Daval. Sur le site de Libération, le bâtonnier avait estimé qu'« un avocat ne peut pas décider de s’exprimer tous azimuts dans la presse sur un dossier en cours d’instruction ».

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« Je n’ai pas pour habitude de vivre à genoux. Mon bâtonnier m’a interdit, mardi, de communiquer. J’ai refusé son interdiction. En faisant cela avec mon associée, on a pris nos risques et on les assumera. Mais je n’accepte pas la position de mon bâtonnier », affirme Me Randall Schwerdorffer.

Quant à ses confrères qui l’ont critiqué, l’avocat tacle : « Ceux qui m’ont critiqué ne sont pas les plus compétents. Avec mon associée (Me Ornella Spatafora), nous avons essayé de travailler correctement, mais on s’est fait étriller sur la place publique ».

L’avocat avait été vivement critiqué après ses déclarations sur Alexia Daval, qui avait « une personnalité écrasante » face à laquelle son client se sentait « rabaissé, écrasé ». « J’estime que nous avons été cohérents en adoptant ce système de défense au regard des éléments recueillis à son encontre », se défend le conseil.

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