Saint-Etienne-du-Rouvray: L'un des terroristes avait été repéré par trois services de renseignements

ENQUETE Le Canard, dans son édition de ce mercredi, affirme qu’en plus de la DRPP et de la DRM, Adel Kermiche était également suivi par le Service central du Renseignement territorial…

C. Ape.

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Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean (image issue de la vidéo où les deux hommes prêtent allégeance à Daesh).
Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean (image issue de la vidéo où les deux hommes prêtent allégeance à Daesh). — Rex/Shutterstock

Adel Kermiche, l’un des deux terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray, était suivi par les renseignements, révèle ce mercredi Le Canard enchaîné.

L’hebdo palmipède indique en effet que des agents de la Direction du renseignement militaire (DRM) étaient parvenus à s’infiltrer dans la chaîne de propagande lancée le 11 juin sur Telegram par Adel Kermiche, sous le pseudo de « Jayyed ». Et le journal de poursuivre en indiquant que la DRM avait rédigé des notes à ce propos le 22, le 25 mais aussi le 26 juillet, date à laquelle le père Jacques Hamel a été assassiné.

Ces mêmes notes, poursuit l’hebdomadaire, ont été envoyées à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à Levallois-Perret.

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« Les informations se sont évaporées »

Début janvier, déjà, Mediapart affirmait qu’une semaine avant l’assassinat de l’ecclésiastique, la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) avait eu connaissance des messages postés par Adel Kermiche sur l’application et évoquant une « attaque dans une église ».

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Le Canard, dans son édition de ce mercredi, affirme qu’en plus de la DRPP et de la DRM, Adel Kermiche était également suivi par le Service central du Renseignement territorial (SCRT). Une note transmise par le SCRT à l’ensemble des services de police le 21 juillet mentionnait un certain « Jayyed », qui appelait à commettre des attentats en France.

Mais « une fois de plus, les informations se sont évaporées dans le sinueux alambic du renseignement français », écrit Le Canard puisque ni le SCRT, ni la DRM n’ont eu recours à la procédure d’urgence qui permet de prévenir l’état-major de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Les informations, émises par trois services de renseignement différents, n’ont pas été recoupées avant l’attentat.