Moselle: Après un concours de plaidoiries, une lycéenne d'origine turque menacée

RESEAUX SOCIAUX Après avoir remporté un prix lors de la finale du concours de plaidoiries de lycéens au Mémorial de Caen, une lycéenne de Moselle et d’origine turque est menacée et insultée sur Internet…

B.P.

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La jeune mosellane a remporté un prix au concours de plaidoiries des lycéens du Mémorial de Caen, fin janvier 2018. Illustration
La jeune mosellane a remporté un prix au concours de plaidoiries des lycéens du Mémorial de Caen, fin janvier 2018. Illustration — G. VARELA / 20 MINUTES

Vendredi 26 janvier, Hélène Yildiz, une élève de 17 ans d’un établissement scolaire de Fameck, en Moselle, a remporté un prix lors de la finale du concours de plaidoiries de lycéens au Mémorial de Caen. Grâce à un plaidoyer pour  les Alévis en Turquie, une minorité religieuse musulmane (dans l’opposition turque) dont sa famille est issue. Extrait :

« Ils sont entre dix et quinze millions en Turquie. Vivant dans un pays à forte majorité sunnite, ils peinent à faire valoir leur culte et leur mode de vie. L’Alévisme est basé sur la science, la nature, mettant l’Être humain au centre, il prône la laïcité et l’égalité des sexes. »

 

Mais, ainsi que le rapporte France Bleu Lorraine Nord, la jeune lycéenne se retrouve depuis menacée et insultée sur les réseaux sociaux (après le partage de son plaidoyer sur Internet) par des partisans du régime au pouvoir en Turquie, pour les propos sur ce peuple « persécuté depuis des années. »

La page Facebook du Journal turc (pro-Recep Tayyip Erdogan, le président turc) qualifie Hélène de sympathisante du PKK, un groupe classé « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux, dans une vidéo intitulée « Hélène Yildiz, le discours presque raciste ». Le journal turc estime par ailleurs que la jeune fille « prône un discours de haine et de mensonge envers les Turcs et la Turquie ».

Sur Twitter, des commentaires violents dirigés contre la jeune fille ont été postés, mais également des commentaires dénonçant un « lynchage ».

La famille de la lycéenne s’est tournée vers deux avocats et hésite à porter plainte.