Haute-Corse: Deux gardiens de prison blessés par des détenus

FAITS DIVERS Les deux surveillants ont été transférés vers l’hôpital de Bastia...

20 Minutes avec AFP
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Les surveillants de la prison de Borgo (Haute-Corse) ont découvert dans la soirée du 19 au 20 juillet du matériel qui devait servir à une évasion, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de la CGT pénitentiaire
Les surveillants de la prison de Borgo (Haute-Corse) ont découvert dans la soirée du 19 au 20 juillet du matériel qui devait servir à une évasion, a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de la CGT pénitentiaire — Francois Anardin AFP

Deux gardiens de prison ont été blessés, dont un touché à la gorge d’un coup de couteau, par un détenu ce vendredi à la maison d’arrêt de  Borgo (Haute-Corse), a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Les deux gardiens, dont l’un a été plus grièvement touché que l’autre, ont été transférés vers l’hôpital de Bastia, a ajouté la procureure de Bastia Caroline Tharot, sans donner plus de précisions sur les circonstances de l’agression, survenue en plein mouvement de contestation national des surveillants de prison. « Il s’agit d’une grosse agression, l’un des deux gardiens était inconscient et l’auteur est un détenu qui avait déjà une fiche signalétique sur son comportement », a indiqué Maxime Coustie, délégué régional UFAP. La section de recherches de la gendarmerie de Bastia a été chargée de l’enquête.

Le pronostic vital non engagé

Selon la direction de l’administration pénitentiaire, les deux surveillants, dont le pronostic vital n’est pas engagé, ont été attaqués par trois détenus de droit commun, et non par un seul comme indiqué dans un premier temps. Le rôle d’éventuels complices de l’auteur principal des faits, suivi pour radicalisation religieuse, restait toutefois à préciser en milieu de journée.

« Il s’agit d’une grosse agression, (…) l’auteur est un détenu qui avait déjà une fiche signalétique sur son comportement », a confirmé Maxime Coustie, délégué régional UFAP qui a assuré que l’agresseur avait crié « Allah Akbar » en commettant son acte.

Quatre détenus interpellés

Selon une source proche de l’enquête, l’agresseur principal s’était ensuite retranché dans sa cellule avec un ou deux complices. Un périmètre autour de la prison a été bouclé et une dizaine de véhicules de CRS sont arrivés vers 11h devant la maison d’arrêt. A 11h30, l’auteur principal et trois autres détenus ont été interpellés par les gendarmes et la situation dans la maison d’arrêt est revenue à la normale, selon une autre source proche de l’enquête. La direction de l’administration pénitentiaire confirme que 4 détenus ont été interpellés, dont l’auteur des coups à l’arme blanche.

Il y avait des soupçons de radicalisation autour de ce détenu, qui ont été confirmés ces derniers mois par des écoutes téléphoniques transmises à la procureure de la République qui a ouvert une enquête, a précisé une source proche de l’enquête. Cet homme avait fait l’objet d’un signalement mais n’était pas inscrit au fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

Ce prisonnier a été condamné en appel en novembre 2015 à huit ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner pour des faits commis en mars 2012. La ministre de la Justice Nicole Belloubet « tient à exprimer tout son soutien et son attention aux agents agressés », a-t-elle réagi dans un communiqué.