Seine-Maritime: Un retraité jugé pour avoir agressé une femme qui portait une burqa

JUSTICE La question est de savoir s’il s’agit d’un acte islamophobe ou plutôt d’un dérapage…

20 Minutes avec agence

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Photo illustration tribunal.
Photo illustration tribunal. — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

Après avoir agressé une femme qui portait une burqa en octobre 2015, un sexagénaire était convoqué devant la Cour d’appel de Rouen, ce lundi. Les débats ont essentiellement porté sur les motivations qui ont poussé ce retraité à commettre un tel acte, rapporte 76-Actu.

« Je n’ai pas tiré sur le voile »

Les faits se sont déroulés à la sortie du centre commercial de Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime). En croisant une femme voilée, le sexagénaire lui a reproché de sortir avec un voile intégral dans un lieu public. « Je lui ai dit que c’était interdit, j’ai fait semblant de la prendre en photo, mais je n’ai pas tiré sur le voile, peut-être l’ai-je frôlé involontairement », a déclaré le prévenu devant les magistrats, tout en niant le caractère religieux de son acte.

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La victime est ressortie de cette altercation avec une entorse et trois jours d’incapacité temporaire de travail (ITT). Mais les circonstances restent vagues car les témoignages recueillis n’ont pas permis aux enquêteurs d’établir un scénario fiable.

« La plaignante est la première contrevenante »

« Le prévenu n’avait pas le droit de prendre ma cliente en photo, il n’avait pas le droit de l’agresser. Il n’a pas respecté le cadre de la loi », a détaillé l’avocat de la victime qui représentait également le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Il a demandé des dommages et intérêts au titre du préjudice moral.

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Pour l’avocate générale, en revanche, il faut « raison garder ». Citée par 76-Actu, elle a estimé que « la plaignante était la première contrevenante puisqu’elle ne respectait pas la loi en portant le voile intégral dans l’espace public. J’aurais aimé qu’un fonctionnaire de police la verbalise », a-t-elle déclaré.

Les magistrats n’ont pas encore statué pour décider s’il s’agissait d’un acte islamophobe ou pas. Le verdict sera rendu le 21 février prochain.