VIDEO. Affaire Dupont de Ligonnès: Pourquoi la piste religieuse intéresse les enquêteurs

FAITS DIVERS Principal suspect de l'assassinat de son épouse et de ses quatre enfants, Xavier Dupont de Ligonnès demeure introuvable...

Frédéric Brenon

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Xavier Dupont de Ligonnès et son épouse Agnès
Xavier Dupont de Ligonnès et son épouse Agnès — Coll.privee De Ligo/FSMADJA/SIPA
  • Les corps d’Agnès Dupont de Ligonnès et ses quatre enfants avaient été découverts le 21 avril 2011 à Nantes.
  • Le principal suspect, Xavier Dupont de Ligonnès, avait pris la fuite quinze jours plus tard.
  • Le père de famille a reçu une éducation catholique stricte. Et a séjourné, étant jeune, à plusieurs reprises dans des monastères.

Près de sept ans après l’assassinat d’Agnès Dupont de Ligonnès et de ses quatre enfants à Nantes, une opération de police a donc été lancée mardi dans un monastère isolé de Roquebrune-sur-Argens (Var) dans le cadre de la recherche du père de famille, principal suspect de la tuerie d’avril 2011. Deux paroissiens avaient cru reconnaître Xavier Dupont de Ligonnès parmi les moines ayant fait vœu de silence. L’un des religieux lui ressemblait effectivement beaucoup et a été contrôlé. Mais ce n’était pas lui.

La piste était jugée crédible par les policiers : c’est dans cette même commune de Roquebrune-sur-Argens que le fugitif, visé par un mandat d’arrêt international, avait été aperçu pour la dernière fois, le 15 avril 2011, une dizaine de jours après la date probable du quintuple assassinat. De plus, depuis le début, les enquêteurs s’intéressent aux liens étroits qu’entretenait le quinquagénaire avec la religion.

Des retraites spirituelles quand il était jeune

Xavier Dupont de Ligonnès a reçu, depuis son plus jeune âge, une éducation catholique traditionnelle, insufflée par sa mère, Geneviève, dont les croyances mystiques la plaçaient à la marge. S’il était, semble-t-il, en proie à une remise en cause de sa foi les années précédant la tuerie de Nantes, le père de famille continuait de fréquenter régulièrement les églises et les sites Internet catholiques spécialisés. Des objets et signes religieux avaient été retrouvés sur chacun des cinq corps découverts ensevelis sous la terrasse du domicile familial.

Son épouse, Agnès, qui a fréquenté, étant jeune, un groupe de prières fondé par Geneviève Dupont de Ligonnès, menait également des activités paroissiales à Nantes.

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Suivant cette piste, la police avait déjà fouillé, fin avril 2011, le monastère Sainte-Madeleine du Barroux dans le Vaucluse. Xavier Dupont de Ligonnès avait effectué, dans les années 1980, plusieurs retraites spirituelles dans cette communauté traditionaliste. En vain. Les moines, qui ont déclaré ne pas se souvenir de lui, assurent qu’ils l’auraient dénoncé.

« Les enquêteurs ne lâchent rien »

« Les enquêteurs ont aussi cherché à l’époque un prêtre aumônier que Xavier Dupont de Ligonnès fréquentait lorsqu’il était lycéen à Versailles et qui a officié ensuite à Draguignan (Var) quand le couple de Ligonnès y habitait dans les années 1990, rappelle le journaliste Jean-Michel Laurence, coauteur, avec Béatrice Fonteneau, de deux livres sur l’affaire. Avait-il conservé des liens avec Xavier Dupont de Ligonnès ? On l’ignore. Ce prêtre est malheureusement décédé en 2013 sans avoir été entendu. »

Jean-Michel Laurence en est convaincu : la piste ecclésiastique est pertinente. « Ces nouvelles recherches dans le Var montrent que les enquêteurs ne lâchent rien malgré les années qui passent. C’est intéressant », estime-t-il.