Un trafic de voitures volées entre Nîmes et Marseille pouvant concerner jusqu'à 20.000 véhicules en passe d'être démantelé

TRAFIC L'enquête portait à l'origine sur un trafic de voitures dans la région nîmoise...

Caroline Politi

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Une voiture de police (illustration)
Une voiture de police (illustration) — F.brenon/20Minutes
  • Onze personnes ont été mises en examen notamment pour « association de malfaiteurs ».
  • L’information judiciaire se poursuit pour tenter d’identifier des ramifications sur le reste du territoire.

En commençant à enquêter sur un trafic de voitures volées à Nîmes, la Sûreté départementale du Gard, épaulée par le Groupe d’intervention régional d’Occitanie, ne s’attendait probablement pas à mettre en lumière un trafic d’une telle ampleur. Il pourrait concerner près de 20.000 véhicules dérobés aux quatre coins de la France depuis plusieurs années. « La filière nîmoise est peut-être l’embryon du démantèlement d’un des plus gros trafics de voitures en France », se réjouit le commissaire Emmanuel Dumas, chef de la sûreté départementale.

Un groupe de Nîmois connus défavorablement de la police

L’enquête démarre en février 2017. Les fonctionnaires de police ont constaté une recrudescence des vols de voitures à Nîmes et dans les départements limitrophes au cours des dernières semaines. Si le périmètre d’action est relativement large, le mode opératoire est toujours le même : les véhicules sont déverrouillés par des moyens électroniques, jamais forcés. Plusieurs d’entre eux sont retrouvés dans les quartiers Est de la ville qui abrite une ZSP. Certains sont en bon état, d’autres au contraire sont abandonnés ou calcinés, après avoir probablement servi à commettre des méfaits.

Une cellule composée de trois personnes exclusivement chargée d’enquêter sur ce dossier est rapidement montée. L’étude des caméras de vidéosurveillance alliée à des surveillances physiques permet d’identifier un groupe de Nîmois âgés de 25 à une trentaine d’années. Tous sont connus des services de police et de justice, certains ont un casier très chargé, notamment pour des vols avec violence ou des cambriolages.

Garage marseillais

L’enquête pousse les enquêteurs à s’intéresser à un garage marseillais, spécialisé dans le contrôle technique et le diagnostic électronique. « Nous nous sommes rendu compte qu’à chaque fois que les voleurs repéraient une voiture, ils contactaient ce garage », précise le chef de la sûreté. Les gérants sont soupçonnés d’avoir fourni aux voleurs les signatures électroniques des voitures, nécessaires pour pouvoir faire démarrer certains modèles. Les premières investigations laissent penser que ces signatures pourraient avoir été obtenues grâce à des opérations de piratage, notamment du phishing, à très grande échelle.

Si la filière nîmoise porte sur 80 véhicules, le trafic pourrait en réalité porter sur quelque 20.000 véhicules, à travers toute la France. Les enquêteurs soupçonnent en effet les gérants d’avoir été en contact avec de multiples équipes de voleurs similaires à celle de Nîmes depuis plusieurs années.

Onze mises en examen

Une douzaine de personnes – neuf à Nîmes et trois à Marseille - ont été interpellées dans le cadre de ce dossier au cours des dix derniers jours. Lors des perquisitions dans la cité phocéenne, plus de 800.000 euros d’avoirs criminels ont été saisis : des comptes bancaires, des voitures de luxe, des bijoux… Onze individus ont été mis en examen notamment pour « association de malfaiteurs », « vols et recel en bande organisé », « blanchiment »… Huit ont été écroués, trois sont sous contrôle judiciaire. L’information judiciaire se poursuit.