Paris: Dix jours après son interpellation à la gare du Nord, un homme de 20 ans en mort cérébrale

VIOLENCES Le jeune homme, de nationalité espagnole, avait des pochons de crack cachés dans sa bouche, assure une source proche de l’enquête…

Caroline Politi

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Des policiers dans la gare du Nord, à Paris.

Des policiers dans la gare du Nord, à Paris. — Tony Hicks/AP/SIPA

  • Massar D., dans le coma depuis le 9 novembre, a été déclaré en état de mort cérébrale.
  • Une enquête est menée par l’IGPN pour mettre en lumière les circonstances du drame.
  • Les caméras de surveillance n’ont pas filmé le lieu même de l’interpellation.

Massar D. ne fêtera pas ses 20 ans le 13 décembre prochain. Ce jeune Espagnol, d’origine camerounaise, plongé dans un profond coma à la suite de son interpellation à la gare du Nord, à Paris, est en état de mort cérébrale, a appris 20 Minutes auprès de son entourage, confirmant une information du Point. Une enquête, confiée à l’IGPN, l’Inspection générale de la police nationale, a été ouverte par le parquet de Paris pour faire la lumière sur les événements. Une enquête distincte pour « trafic de stupéfiants » a été diligentée après la découverte de drogue sur les lieux du drame.

« Trente pochons de cracks »

Il est un peu plus de 20 heures, jeudi 9 novembre, lorsqu’une patrouille de la police des réseaux ferrés (BRF) repère Massar D. qu’elle soupçonne de se livrer à du trafic de drogue. Alors qu’elle cherche à l’interpeller, ce dernier prend la fuite. S’ensuivent plusieurs minutes de course-poursuite dans les couloirs de la gare. Le suspect est finalement interpellé puis, alors qu’il tente de se dégager, « amené au sol », indique une source proche de l’enquête.

Pourtant, quelques secondes plus tard, il est pris d’un violent malaise. Selon cette même source, il aurait recraché « trente pochons de crack » qu’il cachait dans sa bouche. Lorsque les pompiers arrivent, le jeune Espagnol est en arrêt cardiaque. Son cœur repart, mais les lésions cérébrales sont irréversibles. Selon Le Point, les médecins ont extrait deux autres pochons pris dans les voies respiratoires.

Plainte auprès de l’IGPN

Les proches de la victime ont déposé une plainte auprès de la police des polices « pour en remettre une couche » malgré l’ouverture d’une enquête dans la nuit qui a suivi le drame. Ils estiment que les fonctionnaires ont brutalisé le jeune homme au cours de son arrestation, ce qui aurait déclenché l’arrêt cardiaque. Et de rappeler que le jeune homme, qui aspirait à devenir footballeur professionnel, était en excellente santé.

Tous les enregistrements des caméras de vidéosurveillance ont été récupérés et sont exploités. Mais si plusieurs caméras ont filmé la « course-poursuite », l’endroit où a eu lieu l’interpellation n’était pas couvert. Selon une source proche de l’enquête, rien n’indique, à ce stade des investigations, que les policiers aient dérogé aux « techniques classiques » d’interpellation.