L'immeuble à Angers dont le balcon s'est effondré le 15 octobre 2016, tuant 4 personnes.
L'immeuble à Angers dont le balcon s'est effondré le 15 octobre 2016, tuant 4 personnes. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

ENQUETE

Angers: Un an après le drame du balcon effondré, le résultat des expertises se fait attendre

Les victimes, les entreprises concernées et le procureur attendent avec impatience les premières conclusions de l'enquête...

  • Un balcon s'était effondré le 15 octobre 2016, faisant 4 morts et 14 blessés.
  • Deux juges d'instruction pilotent une information judiciaire pour homicides et blessures involontaires.

Le 15 octobre 2016, le balcon d’un immeuble s’était brusquement effondré en centre-ville d’Angers. Dix-huit jeunes, qui participaient à une pendaison de crémaillère, avaient basculé dans le vide depuis le troisième étage. Quatre, trois hommes de 21, 23 et 25 ans, ainsi qu’une jeune fille de 18 ans, sont morts dans l’accident. Les 14 autres ont été blessés.

Un an plus tard, jour pour jour, les familles des étudiants victimes et les entreprises impliquées dans la construction de l’immeuble attendent toujours les résultats des premières expertises. Au risque d’attiser les questions sur les raisons du silence.

Le procureur s’impatiente

« Ma seule problématique à moi, c’est de savoir s’il y a eu des maladresses, des erreurs, des insuffisances dans la pose de ce balcon. Et à qui en imputer la responsabilité. Comme les familles des victimes, je m’impatiente », affirme Yves Gambert, le procureur de la République d’Angers, confirmant n’avoir reçu aucune nouvelle récente de l’enquête.

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Confiée à deux juges d’instruction, l’information judiciaire pour homicides et blessures involontaires vise à établir les causes de l’effondrement du balcon. Si plusieurs expertises techniques ont été diligentées et de nombreux documents saisis au sein des entreprises associées à sa réalisation et son entretien, aucune information émanant de la justice n’a filtré à ce jour ni, officiellement, été communiquée aux parties civiles.

Les familles veulent savoir

« Le temps n’a pas érodé la confiance des familles dans la justice. Elles veulent savoir ce qui s’est produit et connaître les nécessaires responsabilités mais elles savent que le temps judiciaire sera long », explique Me Louis-Marie Penneau, avocat de dix des familles concernées, l’un des rares à accepter de communiquer avec la presse.

« On savait qu’il y aurait des discussions techniques et probablement des débats entre experts. Mais j’ai rarement vu des enquêtes aussi confidentielles », constate Me Pascal Rouiller, défenseur des intérêts de l’entreprise Bonnel (maçonnerie).

Entreprises bien connues localement

Les raisons de ce silence ? Au secret de l’instruction, Me Penneau ajoute « la douleur encore très, très vive » de familles d’autant plus soudées, que les victimes se connaissaient toutes et étaient pour la plupart des amis. La mise en cause d’entreprises très connues sur la place angevine semble aussi peser sur l’atmosphère qui entoure l’enquête. « Fin mai, les juges ont reçu les familles en leur précisant bien que le dossier ne se mènerait pas dans la presse. Ça explique aussi sans doute ce black-out », ajoute l’avocat.

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Plusieurs parents de victimes ont créé en décembre 2016 une association, Les Papillons Éternels, pour défendre leurs intérêts et s’investir dans des opérations de solidarité. Très active sur le terrain, elle reste elle aussi très discrète à l’égard de la presse.

Dimanche, à l’occasion du premier anniversaire du drame, elle invite ses membres à un temps de recueillement et une marche blanche vers les lieux de l’accident.