La cybersécurité recrute en masse mais ne séduit pas les femmes

Attractivité En France, seulement 11 % des personnes travaillant dans la cybersécurité sont des femmes selon les spécialistes

C.A. avec AFP
L'Anssi a mené une enquête autour des métiers de la cybersécurité qui confirme que le secteur doit se féminiser.
L'Anssi a mené une enquête autour des métiers de la cybersécurité qui confirme que le secteur doit se féminiser. — P. Huguen/AFP

La France recherche désespérément des cyber-combattantes. Dans un secteur en plein essor qui recrute en masse, les femmes sont encore très peu présentes. D’après une enquête sur l’attractivité et la représentation des métiers de la cybersécurité, les femmes ne représenteraient que 11 % des effectifs du secteur. « Un biais absolument incroyable car c’est un métier qui n’a vraiment pas besoin d’être genré », selon le directeur de l’Agence nationale de la sécurité informatique (Anssi) Guillaume Poupard. Si le constat n’est pas nouveau, il interroge par sa capacité à perdurer.

À l’occasion de la 7e édition de la European Cyber Week qui se tient depuis mardi à Rennes (Ille-et-Vilaine), les grands noms du secteur ont tous tenté de séduire un public plus féminin. Et d’après les spécialistes, le problème se pose dès les études supérieures. « Quand on regarde au niveau des étudiants comment ça se passe, dans les filières informatiques et encore plus cyber, il y a 14 % de femmes. Dans le milieu professionnel, on hérite d’un biais qui existe déjà dans le milieu de la formation », déplore Guillaume Poupard. Ce dernier estime qu’il faut « travailler sur la formation » pour corriger ce biais.

L’image du geek doit changer

A Rennes, les écoles et entreprises ont déjà beaucoup tenté pour attirer les femmes. « Le secteur est chargé de représentations qui font penser que la cybersécurité est réservée aux hommes, aux ingénieurs. On a encore trop souvent l’image du geek devant son écran », nous confiait l’an dernier une spécialiste du secteur.



Les besoins sont pourtant énormes. L’Anssi, qui ouvrira une antenne opérationnelle dans la capitale bretonne l’an prochain, prévoit le recrutement de 200 agents d’ici 2025. Depuis 2018 et jusqu’en 2025, 1.800 emplois auront été créés dans la cybersécurité au sein de la métropole rennaise, d’après une enquête de l’Insee dévoilée l’an dernier.