Présidentielle 2022 : Immigration, Ukraine, prénoms français… Ce qu’il faut retenir du « Live Présidentiel » avec Eric Zemmour

INSTAGRAM Eric Zemmour était, mardi 22 février, l’invité du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ». Il a répondu aux questions des internautes en direct sur Instagram et Facebook

Charlotte Murat
Eric Zemmour était l'invité du Live Présidentiel TF1-20 Minutes mardi 22 février
Eric Zemmour était l'invité du Live Présidentiel TF1-20 Minutes mardi 22 février — 20 Minutes
  • Eric Zemmour a répondu aux questions des internautes lors du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ».
  • Le candidat Reconquête ! a réaffirmé que la lutte contre l’immigration, légale et illégale, était sa priorité.
  • Il s’est également exprimé sur la crise en Ukraine, la chasse, la « défense excusable » ou encore l’arrêt des projets éoliens.

Il considère que le rapatriement des cendres de Napoléon III en France serait une très bonne idée et a découvert « assez récemment » qu’il y a bien eu « un génocide en Vendée » pendant la Révolution française. Mais si Eric Zemmour aime l’histoire, sa priorité en tant que candidat à l’élection présidentielle reste l’immigration. Le chef de file de Reconquête ! était mardi 22 février l’invité du « Live Présidentiel » TF1 – « 20 Minutes ». Il a répondu en direct aux questions des internautes. Voici ce qu’il faut en retenir.

A combien de parrainages êtes-vous ?

Au moment où je vous parle, nous en sommes à 390 et il ne reste que dix jours. C’est très difficile, on se bat heure par heure. Il y a des pressions scandaleuses sur les maires. Ce serait un séisme démocratique que Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et moi-même, qui représentons 40 % de l’électorat, ne soyons pas au premier tour.

Si vous voulez savoir ce que représente le tableau derrière Eric Zemmour, c’est dans la vidéo que cela se passe.

Que pensez-vous de la crise en Ukraine et qu’auriez-vous fait différemment d’Emmanuel Macron ?

L’initiative de Macron de tenter de pacifier la situation en Ukraine était bonne. Mais Vladimir Poutine n’avait visiblement pas confiance en lui, et c’est un problème. Il l’a pris pour le petit télégraphiste de Washington. Une fois de plus, Emmanuel Macron se retrouve ridicule dans une situation trop grande pour lui. Sur le fond, il a vrai problème idéologique. On voit bien que l’Europe ne peut pas jouer un rôle parce que les Etats sont trop divisés.

Est-ce que vous soutenez Vladimir Poutine ?

Je ne le soutiens ni ne le condamne. Je dis juste que c’est un homme d’Etat, un patriote qui défend son pays. Il réclame légitimement depuis 2014 que l’Otan arrête de s’étendre aux frontières de son pays.

Votre objectif est-il de limiter le nombre d’étrangers en France ?

Je veux arrêter l’immigration régulière et irrégulière. Il y a environ 275.000 entrées légales par an, ce qui est énorme, sans compter 140.000 demandes de droit d’asiles par an en moyenne. 70 % à 80 % des gens sont déboutés, mais ne sont jamais renvoyés. Aujourd’hui, nous devons arrêter tout cela en retirant le droit aux immigrés de faire venir d’autres immigrés. Il faut arrêter de croire que les gens viennent pour travailler. Cela ne représente que 12 % des 275.000 demandes annuelles.

Est-ce que les gens qui n’ont pas un prénom français devront changer de prénom ?

La réponse est non. Je ne débaptise pas les gens. Je parle pour l’avenir. Donner un prénom français à ses enfants, c’est faire un pas vers la France.

Comment cela va-t-il se passer pour les Outre-Mer ? A Mayotte, par exemple, où la majorité de la population est de confession musulmane ? Ou à Tahiti ? Un Tahitien n’aurait plus le droit d’appeler son enfant Fenua ou Teanuanua ?

Les Outre-mer, c’est un problème limité. La question fondamentale est d’un côté les prénoms musulmans et de l’autre les prénoms américains, même si la mode de ces derniers est passée. On peut toujours donner un deuxième ou un troisième prénom de son choix pour rendre hommage à ses grands-parents, à ses ancêtres.

Allez-vous interdire la chasse le dimanche ?

Il ne faut pas incriminer les chasseurs. C’est une activité millénaire et authentiquement démocratique, puisque le droit de chasse pour tous les citoyens a été obtenu à la Révolution française. Les chasseurs sont des écologistes qui prennent soin de la nature et des animaux. Il ne faut pas opposer la chasse et le bien-être animal. On sait que les animaux ont une sensibilité, il ne faut pas qu’ils souffrent. Je propose dans mon programme une vraie politique nationale pour accueillir et protéger les animaux abandonnés.

Avez-vous un plan pour conserver et protéger notre patrimoine culturel, comme les églises et les châteaux ?

Nous avons en France la chance d’avoir un patrimoine architectural exceptionnel, mais souvent un état pitoyable. Je réduirai certains budgets à la culture, par exemple les 3.6 milliards d’euros que coûte le service public. Avec cet argent, je pourrai déployer un grand plan pour la restauration de notre patrimoine.

Quelle serait votre première décision en tant que président ?

Ma priorité politique, c’est la lutte contre l’immigration. Je présenterai par référendum aux Français une série de mesures pour arrêter l’immigration, comme l’arrêt du regroupement familial, la suppression du droit du sol, l’expulsion des délinquants étrangers, la fin des prestations sociales non contributives pour les étrangers, la réduction du droit d’asile à quelques dizaines de personnes.

Êtes-vous le Donald Trump français ?

Nous avons comme priorité commune la volonté de conserver notre pays tel que nous l’avons connu et tel que nos parents l’ont connu. Après, nous avons des parcours, des méthodes et des styles différents.

Accepterez-vous un ralliement de Marine Le Pen si vous êtes qualifié au deuxième tour et pourquoi voter pour vous plutôt que pour elle ?

Pour mettre en œuvre la lutte contre l’immigration et le grand remplacement, il faut rassembler toutes les droites. Donc évidemment, j’accepterai que Marine Le Pen me rejoigne au second tour si elle le désire. Pourquoi voter pour moi ? Parce que je suis le seul en mesure de rassembler les droites. Et parce que je ne sais plus ce que pense Marine Le Pen. Elle a changé d’avis sur tous les sujets. Moi, je suis constant, je ne changerai pas d’avis ni de politique.

Souhaitez-vous le retour de la peine de mort pour les terroristes ?

Ce n’est pas dans mes priorités, il n’y aura pas de rétablissement de la peine de mort. En revanche, je rétablirai des vraies peines de perpétuité.

Qui selon vous ferai un bon ministre de l’Intérieur ?

J’ai beaucoup d’idée, mais cela dépendra de qui me ralliera au second tour. Eric Ciotti ferait un très bon ministre de l’Intérieur, mais il n’est pas le seul.

Allez-vous élargir les autorisations de port d’arme ?

Je ne modifierai pas la législation sur les armes à feu. Je proposerai la défense excusable, c’est-à-dire que la justice appréciera si la victime était dans un état de légitime défense, comme cela se passe en Suisse. Pour les policiers, j’ajoute la présomption de légitime défense, ce qui signifiera que ce sera au délinquant de prouver que le policier n’était pas en état de légitime défense.

Comment comptez-vous atteindre la neutralité carbone en arrêtant l’éolien et le photovoltaïque, alors que dans tous les scénarios proposés par RTE, il y a une part d’énergies renouvelables en plus du nucléaire ?

L’éolien n’est pas la bonne méthode, car c’est une énergie intermittente. Quand il n’y a pas de vent, on va chercher le charbon et le gaz, qui sont les énergies les plus mauvaises pour le réchauffement climatique. Il faut développer le nucléaire, qui est l’énergie la plus économe en CO2, en prolongeant la durée de vie des centrales de 40 à 60 ans et en construisant 14 nouveaux réacteurs. Je sais que le nucléaire ne suffira pas, il faudra développer les autres énergies alternatives que sont la biomasse, la géothermie, l’hydrogène.

Que prévoyez-vous contre la précarité étudiante ?

Il y a des mesures d’urgence à prendre. Je propose un système de tickets-restaurants, pour leur permettre d’avoir des repas corrects. Je pense qu’il faudrait aussi modifier le système de bourse en modifiant le plafond pour permettre à la classe moyenne d’en bénéficier et en les supprimant pour les étudiants qui abandonnent leurs études ou redoublent trop. Je veux aussi que les droits d’inscription soient beaucoup plus élevés pour les étudiants étrangers. Enfin, nous devons régler la question de la surpopulation étudiante avec des numerus clausus dans certaines filières.

Comptez-vous instaurer l’uniforme à l’école ?

Je propose plutôt le retour à la blouse, pour mettre fin à la dictature de la mode, mettre de l’égalité et de l’uniformité entre tous les enfants.

Quels sont vos trois valeurs essentielles et vos modèles en politique ?

Pour les valeurs, le courage, la sincérité et le patriotisme. Mes modèles en politique sont Napoléon, le général de Gaulle et Marie-France Garaud que j’ai connue et que j’aimais beaucoup.

De quoi allez-vous vivre si vous n’êtes pas élu ?

Dans dix ans, je quitterai l’Elysée après mes deux mandats.

Où vous voyez-vous dans dix ans ?

En me jetant dans cette bataille, je ne me suis pas posé la question de l’après. Je continuerai une carrière politique, mais on verra sous quelle forme.

* Le « Live Présidentiel TF1-20 Minutes », ça continue sur les comptes Instagram@20minutesfrance et@tf1info. La prochaine invitée sera Marine Le Pen, le mardi 8 mars.