Présidentielle 2022 : Des élus écologistes attaquent Valérie Pécresse sur ses liens supposés avec Alstom

CONFLIT D'INTERÊTS Valérie Pécresse et son mari, ancien de chez Alstom, n’auraient pas déclaré des actions de l’entreprise selon les accusations, qui évoquent une prise illégale d’intérêts

20 Minutes avec AFP
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Valérie Pécresse en visite sur le site Alstom de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, le 4 septembre 2019.
Valérie Pécresse en visite sur le site Alstom de Reichshoffen, dans le Bas-Rhin, le 4 septembre 2019. — N.W./20Minutes

Un rocher de plus dans la chaussure de Valérie Pécresse ? En pleine campagne présidentielle, les élus écologistes d’ Ile-de-France Mobilités (IDFM) annoncent saisir, ce lundi, le procureur de la République contre la présidente de région et de cette autorité des transports, Valérie Pécresse, qu’ils soupçonnent de prise illégale d’intérêts pour avoir détenu des stock-options chez Alstom, fournisseur de matériel d’IDFM.

Ces élus, parmi lesquels David Belliard, adjoint (EELV) de la maire PS de Paris Anne Hidalgo et soutien de Yannick Jadot, candidats comme Valérie Pécresse à l’élection présidentielle, « pensent » que cette dernière a commis depuis son élection fin 2015 « une infraction de prise illégale d’intérêts », ont-ils expliqué lundi lors d’un point presse.

Valérie Pécresse détiendrait des actions Alstom selon les accusations

Ils ont décidé d’utiliser l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à « toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire » ayant connaissance d’un crime ou d’un délit de le signaler au procureur de la République.

Cette action fait suite à la parution d’articles de presse dans lesquels « il est indiqué », selon les Verts, que Valérie Pécresse « détiendrait avec son mari des actions Alstom. Une situation qui, si elle était avérée, serait incompatible avec sa fonction de présidente d’IDFM », affirment-ils.

Son mari, un ancien de chez Alstom

Selon un article du média en ligne Blast paru en janvier, Valérie Pécresse a « invisibilisé » des actions d’Alstom qu’elle détenait en commun avec son époux afin qu’elles n’apparaissent plus dans ses déclarations d’intérêts. Jérôme Pécresse travaillait chez Alstom jusqu’au rachat des activités énergie du groupe par General Electric début novembre 2015.

Un mois après, Valérie Pécresse est élue à la tête de la région et crée rapidement, selon Blast, une fiducie, montage aussi connu sous le terme anglo-saxon de trust, pour qu’une banque gère ce portefeuille d’actions à leur place. Depuis, IDFM a commandé près de 2,4 milliards d’euros de matériel roulant à Alstom, soulignent les élus écologistes.

Valérie Pécresse annonce porter plainte

« Or, Madame Pécresse ne s’est pas abstenue de participer pendant cette période à l’examen des dossiers et au choix des entreprises soumises au vote du CA (…) qui ont abouti au choix de l’entreprise Alstom comme fournisseur de l’autorité organisatrice, (…) alors qu’elle et son époux étaient détenteurs d’actifs financiers de cette entreprise », affirment-ils.



Sollicité par l’AFP, l’entourage de Valérie Pécresse a indiqué que la candidate des Républicains à la présidentielle avait demandé à son avocat de déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse.

« Après le début de son mandat de présidente de Région, ni Madame ni Monsieur Pécresse n’ont plus jamais été propriétaires d’actions Alstom, ni intéressés aux résultats de l’entreprise Alstom ou à l’évolution du cours de son action », a affirmé la même source.