Présidentielle: Mais au fait, il va faire quoi maintenant François Hollande?

POLITIQUE Difficile de savoir ce qu'il a en tête...

M.B.

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François Hollande pose sur le balcon de son bureau à l'Elysée, le 24 février 2015.
François Hollande pose sur le balcon de son bureau à l'Elysée, le 24 février 2015. — ERIC FEFERBERG / POOL / AFP
  • François Hollande rend son tablier de Président dimanche
  • Il va prendre quelques jours de vacances dans la foulée
  • Il présidera une fondation qui devrait lui laisser du temps libre

Mais à quoi François Hollande va-t-il occuper ses journées désormais ? Dimanche, le portail de l' Elysée se refermera définitivement derrière lui. Redoute-t-il cet instant ? « Je n’ai pas peur du vide », assurait-il il y a quelques jours dans une négation en forme d’aveu. En effet, pour celui qui jusqu’au bout aura bourré son agenda de rendez-vous et déplacements, la transition risque d’être brutale. Si personne n’imagine François Hollande - 40 ans de vie politique au compteur - se retirer de la vie publique à 62 ans pour profiter des 15.000 euros mensuels cumulés (retraite d’ancien Président, de député, de la Cour des comptes et du Conseil général), auxquels il aura droit pour sa retraite, difficile de savoir vraiment ce qu’il a en tête pour la suite hormis de prendre quelques jours de vacances en France après la passation de pouvoir.

Présidence d’une fondation

Contacté par 20 Minutes, plusieurs de ses proches expliquent n’avoir aucune idée à ce sujet. Une chose est acquise, François Hollande va prendre la présidence de la fondation La France s’engage, chapeautée jusqu’ici par Martin Hirsch. Cette structure se définit comme un label qui vient récompenser « les projets les plus innovants au service de la société » que ce soit dans les domaines de l’éducation, de la culture, de la solidarité… Elle va d’ailleurs s’installer dans le XIIIème arrondissement de Paris dans l’incubateur de start-up Station F, imaginé par Xavier Niel, et que François Hollande a visité ce jeudi.

Et à part ça ? On sait que François Hollande a trouvé des bureaux de 300m² rue de Rivoli dans le Ier arrondissement de Paris qui seront loués aux frais de la République comme pour les anciens chefs de l’État. Comme Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac ou encore Valéry Giscard-d’Estaing, il aura également le droit à sept collaborateurs, deux employés de maison, une voiture avec chauffeur ainsi qu’une protection rapprochée. Des «  privilèges » qui sont amenés à être réduits au bout de cinq ans.

« Comment puis-je être utile à mon pays ? »

A quoi vont servir ces locaux ? Mystère et boule de gomme. « Je serai un citoyen de France et je serai attentif à la situation de mon pays », a-t-il expliqué lundi lors des commémorations du 8-mai 45. Deux jours plus tard après avoir prononcé son dernier discours de président de la République, il disait : « Comment puis-je être utile à mon pays ? Eh bien c’est à cette question que je vais répondre maintenant en réfléchissant, en travaillant, en produisant et en intervenant quand cela me paraîtra utile ». Rien de très précis.

Mais pas question de briguer de nouveau mandat, même s’il n’a pas dit qu’il arrêtait la vie politique. « S’il ne s’y intéressait plus, il mourrait », confie à Libération un intime. « Il négociera un poste à l’international », pense un ministre. Si  une rumeur le disait intéressé pour prendre la suite de Donald Tusk à la tête du Conseil européen celui-ci vient de rempiler pour deux ans.

Trouver un logement

Pas question pour lui de siéger au Conseil constitutionnel, ni de courir le cachet pour des conférences rémunérées à l’étranger comme Nicolas Sarkozy. « S’il le fait, il ne se fera pas payer », jure un proche auprès de Libération. Il n’envisage pas non plus contrairement à Nicolas Sarkozy de siéger au conseil d‘administration de grandes entreprises. L’argent ne l’a jamais intéressé », confie Bernard Poignant à Paris-Match.

Mais avant de savoir ce qu’il fera vraiment, François Hollande pourrait avoir à régler un petit détail : « « Où va-t-il dormir ? Il n’a même pas de logement », s’inquiète auprès de l’hebdomadaire son ami Jean-Pierre Jouyet. Une fois réglé ce problème de toit à Paris, il devra aussi en trouver un dans son fief de Corrèze. Il a en effet demandé à certains proches de lui trouver un pied-à-terre « au minimum dans le proche territoire de Tulle » pour pouvoir continuer à voter dans cette ville dont il a été le maire et y passer des vacances en famille.