Présidentielle: Les cinq moments clés de la relation entre Emmanuel Macron et François Hollande

ELECTION Emmanuel Macron a passé huit ans aux côtés de François Hollande avant de lui succéder à l’Elysée…

V.V.
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Paris, le 8 mai 2017. François Hollande et Emmanuel Macron lors de la traditionnelle cérémonie du 8 mai.
Paris, le 8 mai 2017. François Hollande et Emmanuel Macron lors de la traditionnelle cérémonie du 8 mai. — Francois Mori / POOL / AFP
  • Emmanuel Macron a été élu président de la République dimanche.
  • Il succède à François Hollande qu'il avait rencontré, au PS, en 2008.
  • Les deux hommes ont eu une relation particulière pendant huit ans.

« Emmanuel Macron, c’est moi ! » Lui qui l’a accueilli au sein du PS. Lui qui l’a accueilli au sein de l’Elysée. Lui qui lui donnera, dimanche prochain, les clés du palais d’où le trentenaire présidera aux destinées de la France pendant cinq ans. François Hollande a toujours eu une relation particulière avec celui que l’on a présenté comme son « héritier ».

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Tout juste auréolé de sa victoire à la présidentielle, Emmanuel Macron s’est retrouvé, ce lundi matin, avec son mentor sur les Champs-Elysées pour la traditionnelle cérémonie du 8 mai. Visiblement ému, François Hollande n’a pu s’empêcher de donner une discrète accolade à son successeur. L’occasion pour 20 Minutes de retracer les cinq étapes clés de leur relation.

  • 2008. La première rencontre.

François Hollande est tranquillement installé dans son bureau de premier secrétaire du Parti socialiste, rue de Solférino, quand il voit débarquer un jeune garçon, fraîchement sorti de l’ENA. C’est Jacques Attali qui le lui présente. « Voilà, lui dit alors Macron. Je voudrais me présenter aux élections législatives pour le PS. »

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Ex-chevènementiste rallié au PS en 2006, Emmanuel Macron est alors clairement « socialiste », selon la définition qu’en fait François Hollande. La preuve en est donnée dans le livre Un président ne devrait pas dire ça*. « On est en 2008. On a perdu l’élection présidentielle. Si ce garçon avait voulu faire carrière à droite, c’était tout à fait possible… »

  • 2010. Les millions plutôt que Fillon.

Le jeune loup commence à faire parler de lui. Emmanuel Macron est même pressenti pour intégrer le cabinet de… François Fillon à Matignon. Nous sommes en 2010. Le jeune homme décline et intègre la banque Rothschild & Cie où il gagne ses premiers millions d’euros. Pas très longtemps…

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Sitôt François Hollande lancé dans la course à la primaire en vue de l’élection de 2012, Emmanuel Macron quitte la banque et rejoint son candidat qui ne lui a pourtant rien demandé. Il a 34 ans quand Hollande, alors président, le nomme secrétaire général adjoint de l’Elysée.

  • Août 2014. Il annule les vacances pour Bercy

Après deux années passées au secrétariat de l’Elysée à conseiller François Hollande, Emmanuel Macron veut passer à autre chose en juin 2014. Il annonce à Hollande qu’il va « enseigner, partir à l’étranger et prendre une année sabbatique… »

La passation de pouvoirs entre le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, (d) et le sortant, Arnaud Montebourg, le 27 août 2014 à Paris
La passation de pouvoirs entre le nouveau ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, (d) et le sortant, Arnaud Montebourg, le 27 août 2014 à Paris - Eric Piermont AFP

Trois mois plus tard, le jeune homme annule tout quand le président le rappelle pour prendre la succession, au pied levé, du tumultueux Arnaud Montebourg. Les relations sont alors idylliques. En 2014, François Hollande confie encore aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme tout le bien qu’il pense de lui. A sa façon… « Macron a fait du bien, lâche-t-il en décembre 2014. Pas par ce qu’il a fait. Il n’a rien fait. Mais par l’idée même de mouvement, de rajeunissement… » D'ailleurs, François Hollande continue de rappeler qu'il reste le maître et, Macron, l'élève. Dans l'émission « Dialogues Citoyens », le président rappelle : « Il sait ce qu'il me doit ».

  • Août 2016. Le départ de Bercy En marche !

« J’ai touché du doigt les limites de notre système politique. » En une phrase prononcée à Bercy, Emmanuel Macron justifie sa démission du gouvernement. Il n’en peut plus des « compromis de dernière minute », « des peurs des uns et des autres ». Il veut aller plus loin.

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Il lance donc son mouvement En marche ! et il part, même s’il ne le dit pas encore, à la conquête de l’Elysée. Dans la presse, ses détracteurs le qualifient tour à tour de « félon », de « traître » et de « fou dangereux ». Ce lundi matin, François Hollande a confié à l’Agence France Presse que son successeur s’était, à ce moment-là, « émancipé » sans trahir.

  • 2017. Un soutien en silence

Emmanuel Macron l’assure à longueur d’interviews : depuis son départ du gouvernement, il n’a plus d’échanges avec François Hollande. Mais au soir du premier tour, ce dernier appelle naturellement celui qui deviendra son successeur pour le féliciter pour sa qualification au second tour.

Même chose dimanche soir après la victoire finale. Hollande lui donne d’ailleurs rendez-vous, ce lundi matin, sur les Champs-Élysées pour la traditionnelle cérémonie du 8 mai. Les deux hommes se retrouveront dimanche, en tête en tête, lors de la passation de pouvoir. Interrogé par Laurent Delahousse sur ce moment à venir, Emmanuel Macron a soigneusement évité d’indiquer quels propos il tiendra à celui qui l’a créé.

* De Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Ed. Stock.)