VIDEO. Présidentielle: Et maintenant, quel futur pour Marine Le Pen?

ELECTION Marine Le Pen a perdu la présidentielle, mais la candidate FN se lance déjà dans la campagne pour les élections législatives de juin…

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle française 2017, le 16 novembre 2016 à Paris.
Marine Le Pen, candidate du Front national à la présidentielle française 2017, le 16 novembre 2016 à Paris. — SIPA
  • La candidate FN Marine Le Pen a perdu la présidentielle, battue par Emmanuel Macron
  • Cette défaite électorale est à nuancer, car la dirigeante FN obtient un score inégalé pour sa formation politique
  • Marine Le Pen met sa dynamique électorale à profit pour les élections législatives de juin 2017, où sa formation politique est en capacité d'obtenir un groupe à l'Assemblée nationale

Marine Le Pen ne sera donc pas la prochaine présidente de la République. La candidate du Front national a été battue par Emmanuel Macron à l' élection présidentielle. Le candidat d’En Marche ! recueille ce dimanche 65,1 % des suffrages, contre 34,9 % pour la dirigeante du FN, selon les premières estimations de la soirée diffusées par lpsos. A 20 h 15, Marine Le Pen a reconnu sa défaite, se félicitant d'« un résultat historique » pour sa formation qui est désormais dans « stratégie d’alliance ». Marine Le Pen défaite, que va devenir celle qui s’est mise « en congé » de la présidence du Front national ?

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« La défaite de Marine Le Pen est tout d’abord à nuancer », prévient Gilles Ivaldi, chercheur au CNRS URMIS université de Nice-Sophia Antipolis. « C’est une défaite relative, car elle est en progression par rapport au premier tour. Et surtout, elle dépasse très largement le score de son père Jean-Marie Le Pen en 2002 [face à Jacques Chirac]. C’est un symbole, une barre qui tombe », souligne ce spécialiste des populismes et des extrêmes droites en Europe.

Rebondir pour les législatives de juin

Cet avertissement posé, Marine Le Pen ne va pas attendre longtemps pour revenir dans la bataille avec les législatives qui renouvelleront l’ensemble des députés. Ces  élections, qui se tiennent les 11 et 18 juin, semblent d’ailleurs être préparées dès aujourd’hui au Front national. Dans le  dernier clip de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, la candidate est entourée de plusieurs de ses lieutenants qui sont aussi candidats à ces élections. Une belle publicité pour ceux qui, demain, vont battre la campagne pour un siège dans l’hémicycle. Et dans son discours de défaite ce dimanche, Marine Le Pen a assuré être « à la tête du combat » pour les prochaines législatives, promettant une « transformation profonde » du FN pour être « la principale force d’opposition ».

 

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« Les prochains jours ne seront pas les plus simples pour Marine Le Pen car les projecteurs vont se braquer sur la victoire d’Emmanuel Macron, les personnes qui vont être nommées au gouvernement, ou ce que va faire la force politique En Marche ! dans ces législatives », relève Gilles Ivaldi. « Si elle peut rester en retrait dans les tout prochains jours, Marine Le Pen va très rapidement rebondir car il faut, pour le Front national, prolonger la dynamique électorale pour obtenir le maximum de sièges à l’Assemblée nationale », continue le chercheur.

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« Marine Le Pen reste la cheffe incontestée du FN »

La possibilité d’un groupe parlementaire FN à l’Assemblée – soit 15 sièges – paraît d’ailleurs « probable » pour Gilles Ivaldi. « Oui, la constitution d’un groupe FN à l’Assemblée nationale est probable pour deux raisons : le FN s’est implanté et consolidé dans les territoires depuis plusieurs élections intermédiaires. Il est fort dans plus de 200 circonscriptions, comme dans le Vaucluse ou le Var. Le deuxième facteur tient à la fragmentation actuelle des partis politiques qui peut servir le FN. Aux dernières régionales, le FN a gagné plus souvent ses triangulaires plutôt que ses duels », détaille le chercheur au CNRS.

Quant à Marine Le Pen, sa défaite ne devrait pas la déstabiliser au sein de sa formation politique. « Elle reste la cheffe incontestée du FN, sa campagne a été totalement "marinisée" et elle a amené le FN à un score inégalé. Elle peut se targuer de cette victoire et faire profiter le parti de sa dynamique électorale pour les législatives. Les critiques, et plus particulièrement celles qui relèvent de la ligne politique de Florian Philippot, vont survenir dans quelques mois au sein du FN. Mais je ne vois ces tensions, dont les dernières remontent après les régionales [de décembre 2015] éclater avant les législatives. »

Une discussion frontiste post-régionales s’était tenue début en février 2016 au Country club d’Etiolles (Essonne). Cette réunion a été aussi l’occasion de laver son linge en famille, notamment sur la ligne édictée par le vice-président Florian Philippot qui en agace pas mal chez les frontistes.

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