Des internautes proches de l'extrême droite font circuler un faux tweet du «Canard enchaîné»

PRESIDENTIELLE L’hebdomadaire satirique aurait indiqué refuser de traiter les «MacronLeaks» pendant la campagne…

T.C.

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L'édition du «Canard enchaîné» du 1er février 2017 contient de nombreuses révélations sur l'affaire Penelope Fillon.
L'édition du «Canard enchaîné» du 1er février 2017 contient de nombreuses révélations sur l'affaire Penelope Fillon. — CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
  • Un faux tweet du Canard enchaîné circule au sein de la fachosphère.
  • Le journal y aurait indiqué ne pas vouloir publier les documents du MacronLeaks.

Encore un fake. Depuis samedi, un tweet attribué au Canard enchaîné circule au sein de la fachosphère. Alors que plusieurs milliers de documents piratés par des hackers dans les serveurs informatiques d’En Marche ! ont été diffusés ce week-end, le journal satirique explique dans ce faux message qu’il regrette « la divulgation d’informations susceptibles de nuire à la sincérité du scrutin ». Le message s’est répandu sur la toile comme une traînée de poudre.

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Il faut dire que le Palmipède s’est attiré les foudres des militants de droite après une série d’articles sur François Fillon, ayant été à l’origine de la mise en examen du candidat LR à la présidentielle. Le journal satirique est notamment accusé de rouler pour Emmanuel Macron, depuis que ce dernier aurait effacé la dette de l’hebdomadaire. Une rumeur qui court sur le web et qui, là aussi, n’est pas fondée.

C’est la raison pour laquelle le journal aurait annoncé ne pas vouloir se mouiller les plumes en publiant les fameux documents. Et les internautes de droite et d’extrême droite partagent sans retenue le faux tweet du volatile, à l’instar de Fabrice Robert, fondateur de l’agence de presse Novopress et surtout  président du sulfureux bloc identitaire.

Pourtant, un rapide coup d’œil sur le compte Twitter du Canard aurait suffi pour se rendre compte que le journal n’a jamais publié ce message. Pire, la dernière publication du journal sur le réseau social date du 2 mai dernier. Un détail aurait aussi pu mettre la puce à l’oreille de ceux qui se sont émus de ce tweet : plusieurs internautes ont remarqué la présence d’une étoile sous le tweet en question. Or, elle a été remplacée par un cœur en novembre 2015

Plusieurs faux messages ont été diffusés durant la campagne, notamment par l’extrême droite. Vendredi, le vice-président du Front National, Florian Philippot, a publié sur Twitter la capture d’écran d’un texto, prétendant qu’il émanait des équipes d’En Marche !. Dans son message, il sous-entend que les soutiens d’Emmanuel Macron se sont organisés pour semer la pagaille à l’occasion de la venue, à Reims, de Marine Le Pen.

Pas de bol. Un journaliste de l’Express a découvert le pot aux roses. Sur la photographie des SMS, l’heure d’envoi est marquée sous cette forme : « 9H32 ». Or, Geoffrey Bonnefoy souligne que sur les produits Apple, dont les iPhone, l’heure s’affiche en format « XX : XX », et non « XXHXX ». Raté.