Présidentielle: Deux médias pro-Kremlin veulent poursuivre Macron en justice

PRESIDENTIELLE Russia Today et l'agence Sputnik accusent le candidat de En marche d'informations mensongères...

N. Se. avec AFP

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Emmanuel Macron, le 27 avril 2017 à Paris.
Emmanuel Macron, le 27 avril 2017 à Paris. — Lionel BONAVENTURE / AFP

Les deux médias russes avaient été privés d’accréditation pour suivre la campagne d’Emmanuel Macron depuis le 28 avril. Les membres de l’équipe du candidat à la présidentielle de En Marche reprochaient à ces médias pro-Kremlin d’avoir diffusé des informations mensongères contre son représentant.
Russia Today (RT) et l’agence Sputnik ont répliqué en annonçant vendredi, par le biai de leur rédactrice en chef, Margarita Simonyan, qu’ils comptaient poursuivre le candidat à l’élection présidentielle française pour des accusations d’informations mensongères. « Nous n’en pouvons plus de leurs mensonges. Nous allons les poursuivre », a-t-elle affirmé sur Twitter, sans préciser à quelle procédure les deux médias avaient l’intention de recourir.

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En février, Emmanuel Macron avait dénoncé des « attaques répétées » sur son site de campagne émanant notamment d’Ukraine, ainsi que la propagation de rumeurs ou de « propos infamant » à son endroit par les sites internet publics russes Sputnik et RT en français. Le porte-parole de M. Macron, Benjamin Griveaux, avait lui directement mis en cause le Kremlin, l’accusant d’avoir « choisi ses candidats » et notamment Marine Le Pen, la patronne du Front National (extrême droite). Le Kremlin avait démenti catégoriquement ces accusations, affirmant n’avoir « jamais eu l’intention de gêner les affaires intérieures d’un pays ».

Vendredi, à seulement trois jours du second tour, l’équipe de En marche a cette fois-ci rapporté un « piratage massif et coordonné » de leurs documents de campagne, jugeant que cela « relève manifestement de la déstabilisation démocratique, comme cela s’est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle ». Les agences de renseignement américaines avaient accusé la Russie d’avoir interféré dans l’élection présidentielle des Etats-Unis l’an dernier pour favoriser Donald Trump, notamment via un piratage du parti démocrate de Hillary Clinton.

Macron les accuse d’avoir relayé la rumeur d’un compte offshore aux Bahamas

Emmanuel Macron a porté plainte jeudi après que sa rivale d’extrême droite Marine Le Pen eut évoqué pendant le débat télévisé mercredi soir qu’il détenait un compte offshore aux Bahamas. L’entourage du leader d'En Marche! a déclaré que l’information avait été massivement relayée par des comptes proches de Sputnik et Russia Today et d’autres sites favorables au président russe Vladimir Poutine. La justice a ouvert jeudi une enquête pour savoir d’où provenait la rumeur.

Sputnik News a démenti vendredi soir ces accusations, soulignant dans un communiqué n’avoir rien publié sur cette rumeur pendant le débat mercredi soir et seulement publié le lendemain un article sur la plainte déposée par Emmanuel Macron. « La mention de Sputnik et de RT par le QG de M. Macron dans le contexte de l’enquête n’est pas du tout justifiée. C’est un exemple marquant de la naissance d’un faux qui a pour objectif de tromper la confiance des lecteurs », écrit Sputnik dans un communiqué. « Sputnik a l’intention de consulter ses avocats concernant les accusations mensongères permanentes du QG d’En Marche ! », poursuit le site.