VIDEO. Résultat présidentielle: Emmanuel Macron, la victoire d’une météorite

POLITIQUE L’ancien ministre ne s’était jamais présenté à une élection avant sa victoire face à Marine Le Pen…

Julien Laloye

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Emmanuel Macron savoure sa qualification pour le second tour de l'élection présidentielle, au Parc des Expositions à Paris le 23 avril 2017.
Emmanuel Macron savoure sa qualification pour le second tour de l'élection présidentielle, au Parc des Expositions à Paris le 23 avril 2017. — Eric FEFERBERG / AFP
  • Emmanuel Macron l'a emporté largement face à Marine Le Pen avec 65,1% des voix, contre 34,9% pour son concurrent (selon les estimations de l'institut de sondage Ipsos)
  • Le candidat d'En Marche! était encore inconnu il y a trois ans
  • Sa victoire restera comme l'un des grands exploits de l'histoire de la Ve République

Son quinquennat sera peut-être une grande réussite, ou une faillite totale. Mais quoi qu’il advienne, l’Histoire ne pourra pas voler à Emmanuel Macron le récit d’une ascension prodigieuse, jamais vue et probablement pas près d’être revue dans la vie politique française. Elu président de la République avant son quarantième anniversaire, ce dimanche avec 65,1 % des voix (selon les estimations de l’institut de sondage Ipsos), l’ancien ministre de l’Economie explose le record de Valery Giscard d’Estaing, vainqueur de l’élection présidentielle à 48 ans en 1974. Plus impressionnant encore, cela a assez été répété, Emmanuel Macron était inconnu des Français il y a trois ans, avant qu’il n’œuvre dans l’ombre depuis le secrétariat général de l’Elysée, puis à Bercy.

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Mesurer le chemin parcouru

Il y a un tout petit peu plus d’un an, sa décision de lancer mouvement En Marche ! à partir de rien avait suscité moquerie et scepticisme au sein de la classe politique. Sa démission du ministère de l’Economie à la fin de l’été dissipait pourtant les derniers doutes : oui, Emmanuel Macron partait à la conquête de l’Elysée. Il faut alors se rappeler des rapports de force pour mesurer le chemin parcouru.

A l’époque, le FN est le premier parti de France et de loin, François Hollande semble se diriger vers une nouvelle candidature, et la primaire de droite allait bientôt accoucher d’un candidat qui deviendrait naturellement le favori de l’élection. Personne ne croit vraiment en la candidature de l’ancien de chez Rotschild, dont l’offre politique peine à séduire largement à l’automne, plafonnant à 10 % des intentions de vote.

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Macron va alors bénéficier d’un concours de circonstance proprement extraordinaire : le renoncement inattendu de François Hollande à briguer un second mandat, et la révélation de l’affaire Penelope, qui va plomber durablement François Fillon, le champion de la droite. Propulsé favori par les sondages, Emmanuel Macron devient la seule alternative possible au FN pour nombre d’électeurs, à gauche comme à droite. Il déroule les éléments du storytelling qu’il entend vendre aux Français, l’histoire d’un homme libre, affranchi des conventions et des contraintes pesantes de partis, prêt à refonder la pratique politique « avec les progressistes et les pro-européens ».

Premier pari remporté

Ciblé par ses adversaires, qui s’en prennent « au flou » de son programme et la variété encombrante de ses soutiens pendant les dernières semaines de la campagne, il parvient pourtant à remporter son premier pari, à savoir arriver en tête à la fin du premier tour.

Emmanuel Macron, le 5 mai 2017.
Emmanuel Macron, le 5 mai 2017. - Christophe Ena/AP/SIPA

Les premiers jours de l’entre-deux tours font naître les premiers doutes sur sa capacité à susciter un vote d’adhésion face à Marine Le Pen, alors que le leader d’En Marche ! a déjà gagné l’élection sur le papier. Son pot de victoire à La Rotonde a beau ne concerner que les petites mains de sa campagne, il est interprété comme un péché d’arrogance, quand il n’est pas comparé à la magnificence princière de la célébration de Sarkozy et ses soutiens au Fouquet’s en 2007.

Le lendemain, les images de son adversaire acclamée par les ouvriers lors d’une visite surprise sur le parking de Whirlpool le font vaciller un court instant, mais Emmanuel Macron rattrape le coup en allant lui-même ferrailler pendant deux heures avec les salariés.

C’est le début d’une série de déplacements visant à rappeler le passé peu reluisant du FN pour relancer un Front Républicain fragilisé. Visite d’Oradour-sur-Glane et hommage à Brahim Bouarram, ce jeune marocain jeté dans la Seine par un militant d’extrême droite en 95, entrecoupés d’un bain de foule dans la banlieue populaire de Sarcelles (Val-d’Oise). L’énarque issu de la promotion Léopold Sédar Senghor rétablit définitivement la situation en sa faveur le soir du traditionnel débat de l’entre-deux-tours.

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Le début du chemin

Face à une Marine Le Pen agressive et prenant ses distances avec la vérité dans ses invectives, Emmanuel Macron, à défaut de pouvoir échanger sur le fond des programmes, parvient à arriver au bout de la discussion sans jamais se départir de son calme ni céder à la provocation. Sa victoire se dessine alors largement.

Ce n’est pourtant que le début du chemin. Le candidat d’En Marche ! doit désormais remporter les élections législatives, une gageure alors que nombre des têtes de liste d’En Marche ! auront face à elles des socialistes et des Républicains solidement enracinés dans leur circonscription, en plus de la concurrence du FN et de la France Insoumise. Il sera temps, alors, d’oublier une campagne pénible, et d’essayer de réconcilier une France coupée en deux entre les grandes villes et les campagnes périphériques, entre l’Ouest et l’Est du pays. Un vaste défi.

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