VIDEO. Résultat présidentielle: Accrocheuse puis agressive, Marine Le Pen perd son pari de l’entre-deux-tours

PORTRAIT Focus sur Marine Le Pen, présidente du Front national, qui a été battue ce dimanche au second tour de cette élection présidentielle française…

Anne-Laëtitia Béraud
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La candidate Front national à la présidentielle Marine Le Pen, le 4 maiu 2017 à Ennemain (Somme)
La candidate Front national à la présidentielle Marine Le Pen, le 4 maiu 2017 à Ennemain (Somme) — SARAH ALCALAY/SIPA
  • Marine Le Pen a été qualifiée pour le second tour de la présidentielle avec Emmanuel Macron
  • Sa campagne d’entre-deux-tours a été menée tambour battant, marquée par une prestation jugée agressive durant le débat télé du 3 mai
  • Donnée perdante face à Emmanuel Macron depuis le début de l’entre-deux-tours, la candidate du FN n’a pas renversé la tendance

Pari perdu pour Marine Le Pen au second tour de la présidentielle : La présidente du Front national a été battue par son concurrent Emmanuel Macron. Elle a obtenu ce dimanche soir selon l’institut Ipsos 34,9 % des voix, contre 65,1 % pour son concurrent. Ce score est cependant bien supérieur aux près de 20 % récoltés en 2002 par son père face à Jacques Chirac.

Une campagne menée tambour battant

Durant cet entre-deux-tours, la candidate FN a jeté toutes ses forces dans la bataille. Son objectif : saturer les médias pour faire de cette élection un « référendum »entre sa candidature « patriote » et celle du « mondialiste assumé » Emmanuel Macron. « Après avoir coché toutes les cases de l’extrême droite pour mobiliser son électorat et s’assurer d’une qualification pour le 7 mai, son but était différent pour ce second tour. Si elle devait élargir sa base, la voie était étroite pour contourner le centre monopolisé par Emmanuel Macron », relève Thomas Vitiello, responsable de la boussole présidentielle au Centre de recherches politiques de Sciences Po-Paris.

Au lendemain du premier tour, le 24 avril, et alors que son concurrent continue de fêter sa victoire, Marine Le Pen annonce se « mettre en congé » de la présidence du Front national pour mieux incarner « la candidate du peuple ». Elle multiplie les déplacements sur le terrain, dans le Pas-de-Calais, au marché de Rungis (Val-de-Marne) ou en mer, au large du Grau-du-roi (Gard). Sa visite surprise aux salariés de Whirlpool à Amiens, quand elle grille la politesse à son concurrent, constitue un coup de com’ rondement mené : quand Emmanuel Macron arrive sur le parking, où des militants FN ont généreusement distribué des sifflets aux salariés de l’entreprise menacée de délocalisation en Pologne, le candidat est chahuté.

Favoriser l’abstention ?

Nouveau coup avec l’annonce du soutien de l’ex-candidat souverainiste Nicolas Dupont-Aignan. Le président de Debout la France, qui a recueilli près de 5 % des voix au premier tour, rejoint Marine Le Pen sur son projet anti-Europe. Mais l’annonce que la sortie de l’euro ne représente plus un « préalable » à toute politique économique suscite des questions, alors que Marine Le Pen en a fait un mètre étalon de son programme.

« Marine Le Pen effectue une bonne première semaine de campagne. En délaissant la présidence du parti, elle opte pour une approche gaullienne. Et elle envoie les signaux aux électeurs de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon pour élargir sa base », relève Thomas Vitiello du Cevipof.

Délitement du « front républicain »

Le débat télévisé entre les finalistes de cette élection, le 3 mai, s’apparente à un match de boxe. Dans l’invective, la candidate FN échoue au pari de la « présidentialisation », apparaissant toujours agressive. « Tout le travail effectué au cours de la première semaine est détruit. C’est un flop », estime Thomas Vitiello. « Pendant ce débat, l’attitude de Marine Le Pen, agressive et ricanante, masque mal les limites de son programme et sa méconnaissance des dossiers économiques. Pourrir le débat vise peut-être à démotiver les électeurs pour faire monter l’abstention le 7 mai », continue-t-il.

La fin de la campagne s’achève avec des derniers déplacements en Ennemain (Picardie) ou à Reims (Marne), marqués par des perturbations d’opposants. Ce dimanche, la candidate est battue, une fois de plus bloquée par un « plafond de verre ». Le « front républicain » des formations politiques contre le FN, lui, s’est délité. C’est l’une des grandes victoires de la candidate avec la banalisation du parti cofondé par son père en 1972 et le rapprochement avec la formation politique Debout la France. Le FN n’est plus le parti isolé qu’il a été jusqu’alors dans le paysage politique français.

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