Malgré l'union affichée, la droite reste bien divisée avant les législatives

POLITIQUE Les Républicains sont divisés sur le vote du second tour dimanche, et les alliances aux législatives...

T.L.G.

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Xavier Bertrand, Eric Ciotti, et François Baroin.
Xavier Bertrand, Eric Ciotti, et François Baroin. — Patrick KOVARIK / AFP
  • Une frange des Républicains souhaite une ligne plus claire pour le vote du second tour
  • Le parti prévoit de lifter le programme de Fillon pour remporter les légilsatives
  • Mais certains poids lourds pourraient être tentés de rallier le camp Macron 

« Emmanuel Macron a gagné la bataille de l’ambiguïté, nous gagnerons la bataille de la clarté ». François Baroin a lancé la campagne des législatives, dont il sera le chef de file, mercredi matin sur RTL. Après le retrait de François Fillon, la droite appelle à l’unité derrière le sénateur-maire LR de Troyes (Aube) pour le scrutin des 11 et 18 juin. Mais en réalité, Les Républicains restent divisés. Et cela n’est pas sans rapport avec Emmanuel Macron20 Minutes fait le point.

Bisbilles sur le vote de dimanche

François Fillon l’a annoncé sans rechigner le soir de sa défaite : « Il n’y a pas d’autre choix que de voter contre l’extrême droite. Je voterai pour Emmanuel Macron ». Le lendemain, le bureau politique donnait la ligne officielle du parti : « voter contre Marine Le Pen pour la faire battre au second tour de l’élection présidentielle ».

Un message de compromis… mais qui ne ravit pas tout le monde ? « Il n’y a pas de problème. Vous avez reçu la semaine passée le message de synthèse du parti, c’est la ligne officielle. Nous n’y reviendrons plus », coupe le député Hervé Mariton.

En réalité, le débat est loin d’être tranché. Les élus qui appellent à voter FN seront bien exclus du parti, mais dans le sillage de Nathalie Kosciusko-Morizet, une frange des Républicains souhaite une ligne plus claire, qui exclut également le vote blanc et l’abstention. « Il faut clarifier notre position en appelant explicitement à voter Macron », confirme Fabienne Keller, sénatrice juppéiste et secrétaire nationale LR. « Le parti ne peut pas être dans une position tiède comme celle de Jean-Luc Mélenchon, car il n’est toujours pas exclu dimanche que le FN l’emporte ». Une position rejetée par l’aile droite, Laurent Wauquiez en tête.

La question des législatives (et de l’alliance avec Macron)

Là, au moins, ils sont tombés d’accord : François Baroin conduira la campagne pour les législatives. Le tout nouveau comité de pilotage des législatives, composé de 38 pontes du parti, s’est réuni dans la journée. Sous la houlette d’Eric Woerth, un petit toilettage du programme Fillon est prévu : finies la hausse de la TVA et retour de la défiscalisation des heures supp' . La baisse des suppressions de postes de fonctionnaires pourrait également être revue. « Notre projet n’a pas assez capté l’attention, ce sera plus l’affaire d’une nouvelle présentation qu’autre chose », nuance Hervé Mariton.

La droite espère encore emporter la majorité et imposer une cohabitation au prochain président. Mais en réalité, certains envisagent déjà de gouverner avec Macron. « Il faut se préparer à être dans une opposition constructive, et ne pas exclure que le moment venu, il y ait des démarches communes sur des sujets bien définis : la baisse des charges, la libéralisation du droit du travail, les positions européennes… », reconnaît Fabienne Keller. De quoi faire fulminer Laurent Wauquiez et ses amis.

​Il y a aussi ces rumeurs qui poussent Christian Estrosi, Xavier Bertrand ou Bruno Le Maire vers un rapprochement avec Emmanuel Macron avant même les législatives. La droite est-elle menacée par les défections ? « Allez demander aux intéressés ! », s’agace Hervé Mariton. François Baroin n’y est pas allé par quatre chemins ce mercredi : « Tous ceux qui se rapprochent du Front national seront exclus, pour la présidentielle et pour les législatives », a lancé le nouveau patron de la droite, qui ajoute : « Tous ceux qui se rapprochent de Macron avant les législatives : même tarif ». Reste à savoir si la menace sera suffisante en échange d’un éventuel bon portefeuille.