Présidentielle: Syrie, Otan, Russie... Que proposent Le Pen et Macron en politique internationale?

COMPARATEUR Les deux candidats à la présidentielle ne sont pas d’accord sur le rôle que doit jouer la France dans l’échiquier international…

Laure Cometti

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Emmanuel Macron accueilli à Alger par le ministre des Affaires étrangères algérien le 13 février 2017. Marine Le Pen accueillie à Moscou par Vladimir Poutine, le 24 mars 2017.
Emmanuel Macron accueilli à Alger par le ministre des Affaires étrangères algérien le 13 février 2017. Marine Le Pen accueillie à Moscou par Vladimir Poutine, le 24 mars 2017. — ANIS/NEWPRESS/SIPA // Mikhail Klimentyev/AP/SIPA

Quelle place pour la France dans le monde ? Sur le rôle que doit jouer le pays, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, dans la diplomatie internationale, Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont des positions très différentes. 20 Minutes fait le point sur ce que proposent les deux candidats avant le second tour de la présidentielle.

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Leur « credo »

En préambule de son programme pour l’international, le candidat En Marche ! affirme vouloir ancrer la diplomatie française « dans la tradition gaulliste et mitterrandienne, pour faire de la France une puissance indépendante, humaniste et européenne ».

Parmi ses 144 propositions pour la France, la candidate Front national indique au numéro 122 vouloir « engager la France au service d’un monde multipolaire fondé sur l’égalité en droit des nations (…) et le respect de leur indépendance » et « fonder la politique internationale sur le principe de réalisme ».

L’Otan

Contrairement à Emmanuel Macron, Marine Le Pen souhaite que la France quitte le commandement militairé intégré de l’alliance transatlantique.

Le candidat d’En Marche ! n’est pas favorable à un élargissement de ce commandement, à l’exception « des Balkans, de la Finlande ou de la Suède ». Il dit en outre vouloir veiller « à limiter les interventions de l’OTAN en dehors de sa zone géographique aux seuls cas où les intérêts de la France sont directement concernés ».

Les opérations militaires à l’étranger

Les deux candidats semblent à peu près d’accord sur ce sujet. Dans son programme, Emmanuel Macron affirme que « la France ne s’engagera dans de nouvelles opérations militaires extérieures, hors cas de légitime défense, que si les conditions d’une sortie de crise politique sont posées ».

Dans le sien, Marine Le Pen refuse que « la France (…) soit entraînée dans des guerres qui ne sont pas les siennes ». Tous deux s’accordent à augmenter le budget des armées pour atteindre au moins 2 % du PIB. Cela correspond à l’objectif fixé par les membres de l’OTAN d’ici 2024. Marine Le Pen souhaite y parvenir dès la première année du quinquennat, avant de viser les 3 % du PIB en fin de mandat. Emmanuel Macron trace pour sa part un horizon à 2025.

Les relations avec la Russie

Alors queMarine Le Pen a été accueillie au Kremlin le 25 mars dernier par le président russe, qui représente selon elle « une nouvelle vision d’un monde multipolaire », Emmanuel Macron écrit dans son programme que « la Russie de Vladimir Poutine mène une politique étrangère dangereuse qui n’hésite pas à s’affranchir du droit international ».

Sur la crise ukrainienne, la candidate FN refuse de parler d'« annexion illégale » au sujet de la Crimée et elle souhaite la levée des sanctions imposées par l’Union européenne à Moscou. L’ancien ministre de l’Economie affirme pour sa part que « l’Europe a vocation à s’entendre avec la Russie » mais que « les sanctions (…) seront nécessaires tant que les accords de Minsk ne seront pas respectés ».

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La guerre en Syrie

Concernant le conflit meurtrier qui s’enlise depuis 2011 en Syrie, la position d’Emmanuel Macron a évolué après l’attaque chimique du 4 avril dernier, imputée par le quai d’Orsay au régime syrien. Le candidat s’était d’abord opposé à ce que le départ de Bachar al-Assad soit « préalable à tout ». Après l’attaque, il a déclaré que le président syrien devrait « répondre de ses crimes devant des tribunaux internationaux ». Mais la priorité absolue reste selon lui d’éradiquer l’organisation État islamique, puis de « construire la feuille de route diplomatique et politique qui permettra une sortie de crise en Syrie ».

Quant à Marine Le Pen, elle juge que Bachar al-Assad est la « seule solution viable » pour endiguer « les fondamentalistes islamistes » en Syrie. Selon elle, le régime syrien est un « allié objectif » contre les mouvements djihadistes. Elle estime qu’il faut continuer à parler au président syrien « tant qu’il n’y a personne d’autre de crédible ».

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Les relations avec l’Afrique

La candidate FN, qui s’est déplacée au Tchad et au Liban pendant la campagne, veut « mettre en œuvre une véritable politique de co-développement avec les pays d’Afrique fondée prioritairement sur l’aide au développement de l’école primaire, l’aide à l’amélioration des systèmes agricoles et l’aide au renforcement des outils de Défense et de sécurité ». Elle a également indiqué au Monde que les forces françaises resteraient déployées en Afrique « tant que nos partenaires le voudraient ».

Pour Emmanuel Macron, le Maghreb et l’Afrique sont des « partenaires privilégiés ». Le candidat s’est lui aussi rendu au Liban, ainsi qu’en Algérie pendant cette campagne. Les deux candidats sont par ailleurs favorables à porter l’aide au développement à 0,7 % du PIB.

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