Présidentielle: Quel avenir pour François Fillon, éliminé au premier tour de l'élection?

DROITE L'ex candidat de la droite à la présidentielle ne s'engagera pas dans la campagne des élections législatives...

Laure Cometti

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François Fillon dans un bureau de vote à Paris, le 23 avril 2017.
François Fillon dans un bureau de vote à Paris, le 23 avril 2017. — Christophe Archambault/AP/SIPA
  • Le candidat de la droite à la présidentielle a décidé de ne pas s’engager dans la campagne des législatives
  • Sur le plan judiciaire, il devrait être convoqué par les juges dans le cadre de l’enquête ouverte sur l’emploi présumé fictif de son épouse

Il l’a annoncé ce lundi à sa famille politique. François Fillon, éliminé dès le premier tour de la présidentielle, avec 20,01 % des suffrages exprimés, a déclaré devant le bureau politique Les Républicains qu’il ne « mènera pas le combat des législatives ». De quoi seront faits les prochains mois pour le troisième homme de la présidentielle ?

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Désormais « militant de cœur »

Au lendemain du premier tour, François Fillon a donc décidé de se mettre en retrait des instances du parti, estimant « ne plus avoir la légitimité » pour mener la « bataille » des législatives. Avant de tirer sa révérence il a livré quelques conseils à sa famille politique, enjoignant Les républicains à « rester unis et à ne pas [se] disperser dans des combinaisons préélectorales », en écho au discours qu’il avait prononcé dimanche soir.

« Je vais redevenir un militant de cœur parmi les autres », a-t-il conclu au sujet de son avenir politique. Le député de Paris ne briguera pas de nouveau mandat (il a choisi NKM pour lui succéder dans sa circonscription) et « ne s’engagera pas dans la campagne des législatives ». « C’est sa décision, nous en avons parlé. Il n’y a pas eu d’hésitation », déclare à 20 Minutes son directeur de campagne Vincent Chriqui. « Il s’est beaucoup engagé pour maintenir sa famille politique unie, mais après l’élection présidentielle, la question de la légitimité se pose ». François Fillon parti, les candidats LR aux législatives peuvent aussi espérer tourner la page des affaires.

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« Panser les plaies » familiales

Que veut dire François Fillon lorsqu’il se définit au futur comme un « militant de cœur » ? « Je crois que mot est assez éclairant. Il ne jouera pas de rôle de premier plan dans sa famille politique. Mais il sera disponible pour ceux qui veulent lui parler », poursuit Vincent Chriqui. A 63 ans, va-t-il arrêter la politique ? Il n'en dit rien pour l'heure. Mais en janvier 2016, il avait déclaré qu’il « quitterait la politique » s’il était battu.  

L’ex champion de la droite a également fait allusion à sa vie personnelle, affirmant devoir « panser aussi les plaies de ma famille ». Sa femme est elle aussi lui mise en examen dans l’affaire de l’emploi fictif présumé d’assistante parlementaire. Prendra-t-il des vacances ? « Il les aura bien méritées ! », se contente de répondre Vincent Chriqui. Il ne sera pas le seul. Jérôme Chartier, député LR du Val d'Oise et proche du candidat, nous répond qu’il « coupe le son et l’image pour quelques jours »

Un agenda judiciaire « qu’il ne maîtrise pas »

Sur le plan judiciaire, François Fillon devra composer avec un agenda « qu’il ne maîtrise pas », dixit Vincent Chriqui. Le candidat étant éliminé de la course à l’Elysée, rien n’empêche la poursuite des investigations dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de son épouse.

Mis en examen le 14 mars, notamment pour « détournement de fonds publics » et « recel d’abus de biens sociaux », François Fillon devrait être de nouveau convoqué par les juges. « L’enquête a jusqu’ici été menée au pas de charge, il n’y a pas de raison pour que les investigations ne se poursuivent pas à un rythme soutenu à l’encontre de l’ex-Premier ministre », indique une source proche du dossier cité par l’AFP.

Lors de sa première convocation, François Fillon avait refusé de répondre aux questions, invoquant le « calendrier » judiciaire, « en plein cœur de la campagne présidentielle ». Cet argument ne tient plus. « Une nouvelle audition va permettre de l’interroger sur le fond », poursuit cette même source qui rappelle que Pénélope Fillon a été entendue « pendant plus de douze heures avant sa mise en examen » le 28 mars dernier.