Résultats présidentielle: Pas de « vote caché » FN ni d'effet attentat sur le premier tour

PRESIDENTIELLE Les électeurs ne se seraient pas laissés influencer par la fusillade survenue jeudi sur les Champs-Elysées...

N. Se. avec AFP

— 

Dépouillement des votes du premier tour de l'élection présidentielle dans un bureau de vote parisien, le 23 avril 2017.
Dépouillement des votes du premier tour de l'élection présidentielle dans un bureau de vote parisien, le 23 avril 2017. — Emilio Morenatti/AP/SIPA

Après l’attentat djihadiste des Champs-Elysées, trois jours avant le premier tour de la présidentielle, la crainte d’une instrumentalisation politique et d’un regain d’engouement pour le Front National ou la politique sécuritaire du candidat LR, était forte à gauche.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, était sorti de sa réserve pour sermonner les deux partis après leur prise de parole concernant le drame.

Juliette Méadel, secrétaire d’Etat à l’aide aux victimes, craignait elle aussi que « l’actualité ne serve le vote Fillon et Le Pen ».

Même Donald Trump, y était allé de son petit pronostic vendredi : « Une autre attaque terroriste à Paris. Le peuple français n’acceptera pas cela très longtemps. Cela aura un gros effet sur l’élection présidentielle ».

Finalement, le drame n’aura pas fondamentalement influencé le vote des Français, estiment les analystes.

L’effet sur le vote a même été « extrêmement marginal », selon Frédéric Dabi (IFOP). « Seuls 4 % des Français disent que l’attentat a joué un rôle dans leur vote », souligne le politologue qui s’appuie sur une enquête IFOP-Fiducial réalisée dimanche pour Paris Match, CNews et Sud Radio. Marine Le Pen, relève-t-il, accède ainsi au second tour « avec le score que nous avions prévu » avant l’attentat.

Un réflexe démocratique

La raison ? Confrontés à une série d’attaques sanglantes depuis novembre 2015, les Français ont, selon le politologue, « intériorisé le contexte de la menace terroriste ». Et ce contexte dramatique a même pu provoquer un réflexe démocratique avec « un effet de remobilisation » de l’électorat reflété par une abstention de près de 21 %, bien inférieure à celle qu’anticipaient les instituts de sondage, analyse Frédéric Dabi.

Le politologue Pascal Perrineau est sur la même ligne. « La participation a été meilleure qu’anticipé par les instituts », note-t-il, attribuant ce « sursaut » à la « dramatisation du scrutin provoquée par les attentats ». « Les abstentionnistes se sont peut-être dits : il faut aller dire son mot », analyse-t-il. Tout juste, la présidente du Front national pourrait-elle avoir bénéficié « d’un petit effet attentat » alors qu’elle connaissait une « érosion » dans la dernière ligne droite de sa campagne. A l’Elysée, on se félicite que les Français n’aient « pas sanctionné l’exécutif ni reporté leurs voix sur l’extrême droite ». Même si les attentats les « ont profondément marqués », ils ont « considéré que la réaction de l’exécutif avait été la bonne », veut croire l’entourage de François Hollande.

Pas non plus de « vote caché » FN

L’expert statistiques Nate Silver a quant à lui souligné que les scores du FN, comme ceux des mouvements d’extrême droite en Europe, sont très proches des projections des sondages.

Plus besoin de se cacher par timidité ou par honte. Les électeurs FN assument leur choix et le font savoir lors des sondages, limitant l’effet de surprise du score de Marine Le Pen au premier tour des élections.

>> Estimations des résultats du premier tour de l'élection présidentielle (IPSOS) :

 >> Comment a voté votre commune ? Les résultats de l'élection présidentielle, ville par ville.