VIDEO. A Hénin-Beaumont, Marine Le Pen et ses soutiens lancent le duel face à Emmanuel Macron

REPORTAGE La candidate frontiste a appelé à un rassemblement des « patriotes » face au candidat de la « mondialisation sauvage »...

Thibaut Le Gal
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Marine Le Pen
Marine Le Pen — FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La ville n’avait pas été choisie au hasard. En décidant de passer la soirée électorale à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen préparait déjà le duel du second tour. Cette ville du bassin minier sinistré du Pas-de-Calais est devenue, depuis plusieurs années, le fief du Front national et un symbole des « perdants » de la mondialisation.

A 20 h, quand la candidate FN apparaît à côté d’Emmanuel Macron sur les écrans disposés au QG du soir, la salle exulte. Chantal, militante frontiste depuis 20 ans, agite frénétiquement son drapeau tricolore. « J’espérais qu’elle soit en tête, mais déjà le second tour, c’est extraordinaire pour nous. La France a besoin d’un sursaut patriotique. Il faut arrêter de mettre toujours les mêmes au pouvoir, il est enfin venu le temps de changer ».

Kevin, 24 ans, encarté depuis 2012, jubile. « On est vraiment heureux. On s’attendait à la qualification, mais il y a eu des moments de doute. Ce soir, c’est une belle victoire, car on dépasse le score de 2012 [plus de 21 %, contre 18 %]. Nous ne sommes qu’à quelques points d’Emmanuel Macron. »

« Nous nous adressons aux électeurs. Ils ne suivront pas leur candidat comme des moutons »

Ces quelques points paraissent s’agrandir à mesure que la soirée défile. Car sur les écrans installés dans la pièce, Benoît Hamon et François Fillon, appellent à voter pour Emmanuel Macron au second tour. Les deux éliminés reçoivent au passage une volée de sifflets. « Tous les renards vont se mettre ensemble… par profit. C’est toujours la même chose, les candidats vont se liguer contre elle, c’est dommage », peste Jean-Luc, 65 ans.

« Nous nous adressons aux électeurs. Ils ne suivront pas leur candidat comme des moutons », balaie Steeve Briois. Le maire FN de la ville pose en ces termes le combat politique qui arrive : « Paris n’est pas le centre du monde. La province aussi est importante. Marine Le Pen a été la seule candidate à multiplier les meetings dans les territoires oubliés, les petites villes périurbaines ». Le vice-président du parti poursuit : « Les Français auront finalement à choisir entre deux propositions radicalement différentes, deux choix de civilisation. Un candidat européiste et mondialiste et Marine Le Pen, candidate patriote, qui défendra la souveraineté de la France. »

​« Le grand enjeu de cette élection est la mondialisation sauvage »

Lorsqu’elle arrive sur l’estrade dans une ambiance bouillante, la candidate reste dans le même ton. « La première étape est franchie… Le grand débat politique va enfin avoir lieu. Le grand enjeu de cette élection est la mondialisation sauvage qui met en danger notre civilisation », lance-t-elle sous les vivats. « Soit nous continuons sur la voie d’une dérégulation totale, sous le règne de l’argent roi… Soit nous partons vers une France avec des frontières qui protègent notre identité nationale », poursuit Marine Le Pen, qui appelle tous les « patriotes » à la rejoindre.

Suffisant pour briser l’éternel « plafond de verre » promis traditionnellement au second tour ? Kevin y croit. « Marine peut rassembler l’électorat populaire de gauche, et la droite filloniste. Il nous reste deux semaines pour mobiliser les électeurs contre le bébé de Hollande et candidat du système. » Micheline est un peu moins enthousiaste. « Face à Macron, un candidat jeune, ça sera dur. Mais j’espère pour elle, je veux y croire. »