Présidentielle : De nombreux électeurs sont encore indécis à quelques heures du premier tour

TEMOIGNAGE Résignés, abattus ou en colère, de nombreux électeurs ne savent toujours pas pour quel candidat voter dimanche. S’ils vont voter…

B.C. avec AFP

— 

Les professions de foi des 11 candidats à l'élection présidentielle 2017 sont arrivées dans les boîtes aux lettres des Français
Les professions de foi des 11 candidats à l'élection présidentielle 2017 sont arrivées dans les boîtes aux lettres des Français — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Selon les derniers sondages, entre un tiers et un quart des électeurs n’ont pas fait leur choix. Ils sont peut-être la clé du premier tour de la présidentielle. De nombreux électeurs hésitent encore, surtout à gauche, à quelques heures du scrutin. Et l’attentat des Champs-Elysées ne semble pas devoir orienter leur vote.

Indécis pour le premier tour ? Votez pour votre président de série préféré !

« Personne ne me plaît car tous me déçoivent. » Ghislaine Pinçont, 73 ans, retraitée lilloise, ira toutefois voter. « Au pire, j’irai voter blanc ou nul mais, dans tous les cas, l’attaque sur les Champs-Elysées n’aura aucun impact sur mon choix. »

L’attentat sur les Champs-Elysées n’aura pas d’impact sur leurs votes

Julie Varin, 40 ans, vit dans un petit village du Jura et, elle aussi, est certaine d’aller voter, « par respect pour la démocratie, pour tous les pays où il n’y a pas le droit de vote. » Le « programme global, l’expérience » des candidats vont déterminer le vote de cette enseignante dans le privé. La menace terroriste, « ça devient quelque chose de quotidien, malheureusement, mais ça ne m’insécurise pas parce que je ne suis pas à Paris », explique-t-elle.

>> L'Etat islamique veut-il vraiment peser sur l'élection présidentielle ?

Angie Durandeau, étudiante toulousaine de 19 ans, « ne s’intéresse pas à la politique ». « Mais les extrêmes, je suis contre : le FN et… je ne me rappelle plus son nom… Mélenchon », le candidat de la France insoumise.

Assise au soleil avec des amies dans un parc toulousain, Jeanne Siècle, 19 ans, étudiante en commerce international « aime bien » le programme du candidat socialiste Benoît Hamon « mais dans les sondages, il n’est pas assez haut et il y a peu de chances qu’il soit au second tour. » Elle « aime bien » aussi « les idées et le personnage » d’Emmanuel Macron, le candidat d’En Marche ! Mais « la balance penche quand même du côté de Hamon » et l’attentat sur les Champs-Elysées n’aura aucune influence sur son vote car « une campagne, ça se passe sur une année et un attentat sur un jour. »

Vote utile ou pas utile ?

« Je suis un vrai indécis et c’est la première fois. J’attends une étincelle. Il n’y a pas de leader charismatique qui se détache », assure un commerçant de Toulouse de 67 ans, qui ne souhaite donner que ses initiales, « MR ». Il hésite entre Macron et Mélenchon mais surtout pas Fillon car « avec les casseroles qu’il a, ce n’est pas la peine ».

>> « Fillon, rends l'argent », des panneaux d'affichage de la mairie de Paris piratés

Commerçant à Toulouse, Tarik Boudra, 41 ans, hésite pour sa part entre deux candidats idéologiquement très éloignés : le candidat de la France insoumise et celui de Les Républicains. « Mélenchon, c’est par rapport aux droits de l’Homme et à l’écologie. Mais le reste du programme ne me plaît pas. Et Fillon, c’est celui qui a le plus d’expérience. Et ce qui m’attire aussi, c’est moins d’impôts et de taxes, c’est important quand on est commerçant. »

La volonté de faire barrage aux extrêmes et de voter utile dès le premier tour motive en outre certains indécis.

« Je penche plutôt pour Hamon » mais « je me demande si je vais jouer tactique en votant Macron pour éviter à tout prix un second tour Fillon-Le Pen… » explique Monique Camus, retraitée de 66 ans, un panier de poireaux à la main, au marché populaire de Wazemmes à Lille.

Aude Rémy, 43 ans, salariée dans la logistique industrielle à Lyon, a déjà fait une présélection : « J’ai déjà éliminé certains candidats : tous les extrêmes, tous les petits candidats un peu originaux ». Son choix ne sera « pas un choix de coeur. »

D’autres électeurs, qui votent pour la première fois, sont un peu perdus comme Lisa Jibaud, 18 ans, étudiante en commerce à Toulouse : « Ce n’est pas assez simple pour nous, les jeunes. J’ai exclu les extrêmes, de gauche et de droite. Je vais demander un avis à mes parents ».