Présidentielle: A une semaine du premier tour, comment les candidats abordent-ils la dernière ligne droite de la campagne?

SPRINT A neuf jours du premier tour de la présidentielle, où en sont les cinq candidats qui font la course en tête…

Laure Cometti

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Les affiches des candidats à la présidentielle dans une rue de Paris, en avril 2017.
Les affiches des candidats à la présidentielle dans une rue de Paris, en avril 2017. — Gabriel BOUYS / AFP

Il ne reste plus qu’une petite semaine de campagne. A neuf jours du premier tour de l’élection présidentielle, les candidats investissent toute leur énergie dans cette dernière ligne droite. 20 Minutes prend le pouls chez les cinq candidats en tête.

« Esprit commando » chez Fillon

Après avoir restreint ses apparitions publiques en plein PenelopeGate, le candidat de la droite ne lésine plus sur les meetings. Il en a enchaîné trois en trois jours cette semaine et sera à Nice lundi puis à Lille mardi. Il pourra même compter sur la venue d’Alain Juppé, « ex-plan B » plus que discret ces dernières semaines, pour un déplacement en duo en Ile-de-France mercredi, selon Le Parisien.

Le député de Paris a des mois de campagne dans les pattes, sans compter les affaires puis sa mise en examen le 14 mars dernier. Pour autant, « François Fillon n’est pas fatigué, il est en pleine forme », assure son directeur de campagne Vincent Chriqui. « Déterminé et confiant, il pense que l’élection va se jouer dans cette dernière semaine. Après avoir été parasité, le débat va se recentrer sur deux questions : le désir d’alternance et la stature présidentielle », espère-t-il. L’équipe de campagne filloniste, « dans un état d’esprit commando », pense que son champion obtiendra un score plus élevé que celui indiqué dans les sondages.

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Emmanuel Macron sous pression

Une remontée de François Fillon, c’est bien ce qui inquiète le camp Macron dans cette dernière ligne droite. Le candidat d’En Marche ! voit sa dynamique faiblir dans les sondages, comme Marine Le Pen, avec qui il faisait la course en tête. « C’est vrai qu’on est dans une phase d’incertitude profonde du fait du resserrement des courbes », admet le député du Cantal Alain Calmette (PS), soutien du candidat. « Il y a de nombreux indécis et la théorie controversée du vote caché pour Fillon est peut-être d’actualité », note-t-il. Mais « le naufrage du candidat socialiste n’est peut-être pas fini », enchaîne-t-il, voulant croire qu’Emmanuel Macron pourrait grignoter des voix à Benoît Hamon, qui a « perdu d’avance ».

Selon Le Monde, dans l’équipe du candidat, on hésite sur la stratégie à mener pour engranger des voix. Faut-il taper sur François Fillon ou ne cibler que le Front national ? Pour Alain Calmette, s’il ne faut pas abandonner la « bienveillance qui a marqué sa campagne », il faut aussi « montrer qu’il peut répondre aux coups » car « le climat se tend ». Mais il faut « savoir doser la riposte », insiste-t-il.

S’il est inquiet, le candidat n’en montre rien. Il s’est affiché très souriant et détendu lors de son déplacement dans les Pyrénées, tout sourire sur un télésiège ou en train de pousser la chansonnette. De belles images avant le meeting prévu lundi à Paris, puis celui de Nantes mercredi (où Daniel Cohn-Bendit sera présent). Il restera ensuite cinq jours de campagne. « J’ai toujours l’impression que les quinze derniers jours sont très longs », glisse Alain Calmette qui a « hâte que ce premier tour se déroule ».

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Mélenchon dans une bonne dynamique

Le candidat de la France insoumise a le vent en poupe dans les sondages. Il a distancé Benoît Hamon et devancerait même François Fillon. Cette dnamique va-t-elle se poursuivre ou s’essouffler, comme en 2012 ? « La dernière fois, on avait un peu raté notre dernière semaine. Après le meeting de Marseille, les événements n’étaient pas à la hauteur. On n’avait pas bien anticipé la dernière semaine » se souvient Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche et soutien de Jean-Luc Mélenchon. Fort de cette leçon, le camp Mélenchon a prévu un meeting dimanche à Toulouse, une traversée du canal de l’Ourcq en péniche lundi, et sept meetings simultanés mardi grâce au fameux hologramme.

Attaqué par François Fillon et Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon rend les coups en meeting et fustige le libéralisme de ses adversaires. Le camp de la France insoumise est confiant, galvanisé même par le terrain. « On voit l’affluence de nouveaux électeurs dans les meetings », se réjouit Eric Coquerel. Autre avantage selon lui : « le vote utile qui avait joué en faveur de François Hollande en 2012 n’aura pas lieu cette fois (…) Je suis de plus en plus convaincu qu’on sera au second tour ».

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Une fin de campagne moins facile pour Le Pen

Qualifiée pour le second selon tous les sondages depuis des mois, la candidate Front national semble déjà en campagne pour le second tour. Cette fin de séquence n’est toutefois pas de tout repos. Signe de nervosité ? La polémique sur ses propos au sujet de la rafle du Vel d’Hiv a été suivie de l’ annulation d’une interview sur France Inter, tandis que le feuilleton judiciaire de l’affaire des assistants parlementaires européens se poursuit.

La candidate ne change pas de stratégie. Après avoir sillonné ce qu’elle nomme « la France des oubliés » pendant sa campagne, Marine Le Pen a prévu de la conclure par des démonstrations de force, d’abord à Paris lundi, le même jour qu’Emmanuel Macron, puis à Marseille mercredi.

Un tour de France pour Hamon

En difficulté dans les sondages qui le place derrière le quatuor de tête au premier tour, le candidat socialiste a dégainé quelques nouveautés pour cette dernière ligne droite. « Même quand les sondages ne sont pas bons, il trace sa route », affirme son directeur de campagne Mathieu Hanotin. Au sens littéral du terme, puisque Benoît Hamon va sillonner la France, de Rennes à Toulouse en passant par Bordeaux et Mont-de-Marsan, pendant le week-end de Pâques, avant de rejoindre Paris où il appelle à un grand rassemblement sur la place de la République le 19 avril. « On remplira cette place symbolique », assure Mathieu Hanotin.

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Celui qui suit le député des Yvelines « depuis le début » le trouve « en pleine forme, plus déterminé que jamais ». Dans cette dernière ligne droite, l’équipe veut poursuivre ses efforts de « pédagogie », notamment sur le revenu universel d’existence. « Vu tout ce qu’on a déjà subi, on n’a pas d’inquiétudes », lâche son lieutenant au sujet des neuf jours à venir.

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