Présidentielle: Pourquoi le débat du 20 avril sur France 2 a été annulé

DEBAT France 2 renonce à son débat avec les 11 candidats…

T.L.G.
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Le plateau du débat télé à 11 candidats, le 4 avril sur BFMTV/CNEws, à Aubervilliers
Le plateau du débat télé à 11 candidats, le 4 avril sur BFMTV/CNEws, à Aubervilliers — Lionel BONAVENTURE / AFP

Un débat et puis s’en va. Mardi soir, les onze candidats à la présidentielle ont débattu pendant près de 4 heures (vous avez bien lu) sur le plateau de BFMTV et Cnews. L’ensemble des candidats devait également se retrouver le 20 avril sur France 2 pour une ultime émission. Oui, mais voilà, après des critiques de Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron notamment, France 2 a renoncé à organiser son débat. 20 Minutes revient sur les trois points de blocage qui ont entraîné cette annulation.

1. Le CSA plutôt de l’avis de Mélenchon

Sur son blog, le candidat de La France insoumise avait assuré ne pas vouloir débattre après le 17 avril. « La chaîne ne s’est pas demandé si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote. » Le CSA avait repris l’argument dans la foulée, se disant « préoccupé » par la date du débat. Le directeur de campagne de Jean-Luc Mélenchon avait enfoncé le clou en reprenant les inquiétudes du CSA.

« Nous avons les mêmes réserves que le CSA, et que d’autres candidats sur le 20 avril », avançait Manuel Bompard quelques heures avant la décision de la chaîne. « A 24 heures de la période de réserve, si le candidat subit une attaque personnelle, il ne pourra pas répondre dans de bonnes conditions. C’est pourquoi nous demandons à France 2 de trouver une autre date. »

2. L’effet boule de neige

Sur la même ligne que Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron a refusé également la date du 20 avril, fustigeant un « débat de dernière minute ». C’est là que l’effet boule de neige entre en jeu. En cas d’absence des deux candidats, François Fillon a fait savoir qu’il ne faudrait pas compter sur lui. « Ou il y a tous les candidats, ou le débat n’a pas de sens », a indiqué l’ancien Premier ministre. L’absence de trois candidats principaux pouvait entraîner aussi celle de Marine Le Pen. Contacté par 20 Minutes, son entourage s’était contenté d’un laconique « nous réfléchissons ».

3. Les « gros » candidats ont plus à perdre

Au fil de l’émission de mardi, les « petits » candidats se sont montrés plus incisifs, à l’image de Philippe Poutou, qui n’a pas hésité pas à torpiller Marine Le Pen et François Fillon. De quoi agacer le camp de ce dernier. « On avait l’impression d’être dans un débat ou une émission de téléréalité selon la posture qu’ont voulu prendre certains candidats qui se sont fait plaisir et ont voulu faire des coups », s’est agacé Luc Chatel, son porte-parole, au micro de FranceInfo.

Et si les candidats principaux avaient tout à perdre dans la tenue d’un nouvel exercice ? « La question n’est pas de savoir qui a l’intérêt d’un débat, mais d’éclairer les Français », répond Manuel Bompard. « J’ai trouvé que le débat à 11 était un peu confus, même si Jean-Luc Mélenchon y a mis de l’ordre. Il fallait sans doute en passer par là. On a fait le test, je ne suis pas sûr qu’il soit nécessaire d’avoir un second exercice pour éclairer les Français. »