Boussole Présidentielle 2017: Onze candidats aux programmes plus contrastés qu'en 2012

BOUSSOLE PRESIDENTIELLE La Boussole présidentielle 2017 mise au point par les chercheurs du Centre d’étude de la vie politique française (Cevipof) en partenariat avec « 20 Minutes » montre un espace politique plus clivé qu’il y a cinq ans…

O. P.-V.

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La boussole présidentielle 2017 réalisée par le Cevipof en partenariat avec «20minutes»
La boussole présidentielle 2017 réalisée par le Cevipof en partenariat avec «20minutes» — 20 Minutes/Cevipof

Où vous situez-vous, et où se situent-ils depuis la dernière élection présidentielle en 2012 ? Les programmes des onze candidats présents au premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril ont été répartis dans le paysage politique par les chercheurs du Cevipof en fonction de deux axes : conservateur/progressiste d’un côté, partisan d’une intervention étatique dans l’économie/libéral de l’autre.

Pour vous aider à vous y retrouver, le Cevipof a mis au point en partenariat avec 20 Minutes sa Boussole présidentielle 2017: comme durant les primaires de gauche et de droite, et pendant la présidentielle 2012, les propositions des candidats ont été traduites pour définir leurs positions sur ces deux axes. A travers une trentaine de propositions, cette nouvelle boussole vous permet ainsi de savoir rapidement quel candidat est le plus proche de vos idées.

​Marine Le Pen plus interventionniste économiquement

Point notable, comme en 2012, il n’y a que deux candidats économiquement à droite, François Fillon et Emmanuel Macron. Il y a cinq ans, leurs équivalents s’appelaient Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Mais les deux prétendants libéraux à l’Elysée vont plus loin que leurs prédécesseurs : « Macron est un peu plus à droite économiquement et un peu plus progressiste que Bayrou, Fillon est un peu plus à droite économiquement que Sarkozy », note le chercheur du Cevipof Thomas Vitiello.

Toujours sur le plan économique, si la droite se « droitise », le phénomène est symétrique : les keynésianistes sont plus à gauche qu’en 2012, y compris Marine Le Pen, par sa volonté de protectionnisme économique. Seul Nicolas Dupont-Aignan fait figure de contre-exemple en se recentrant légèrement sur l’axe des choix économiques. « Lorsqu’on superpose les deux espaces 2012 et 2017, on observe un éclatement des positionnements politiques », souligne Thomas Vitiello. En somme, le clivage gauche-droite est net sur ces questions, alors que deux candidats, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, souhaitent s’en affranchir.

Mélenchon, plus conservateur

En revanche, sur les problématiques culturelles, peu d’évolution en cinq ans. Benoît Hamon est un peu plus progressiste que François Hollande sur l’écologie et les questions de société, l’actuel président ayant pourtant fait une campagne très à gauche en 2012, rappelle le politologue du Cevipof. Emmanuel Macron est plus libéral culturellement que son équivalent 2012 François Bayrou, et François Fillon se place sur ce plan au même niveau que le Nicolas Sarkozy candidat à un second mandat.

Le principal changement vient de… Jean-Luc Mélenchon, « le candidat qui a le plus bougé par rapport à 2012, explique Thomas Vitiello. Il est moins progressiste que par le passé : il est plus critique de l’Union européenne, en faveur d’un service civique obligatoire via un service militaire, et moins favorable à une politique d’accueil des immigrés. » Hormis le cas du leader de la France insoumise, le paysage politique n’a donc pas radicalement changé. Mais les positions se sont affirmées.