VIDEO. Présidentielle: «Financer le système de santé par l'impôt et pas par les cotisations sociales»

A VOS SOUHAITS Avant l’élection présidentielle, « 20 Minutes » est allé à la rencontre des Français pour prendre le pouls de la nation…

Propos recueillis par Jean Saint-Marc

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Denis Mullor est médecin dans le 14e arrondissement de Marseille.
Denis Mullor est médecin dans le 14e arrondissement de Marseille. — J.S.-M. / 20 Minutes

Riches, pauvres, chômeurs, jeunes, retraités, zadistes… A l’approche de l’élection présidentielle des 23 avril et 7 mai, 20 Minutes est allé à la rencontre des Français de tous les âges dans tout le pays, afin de prendre le pouls de la nation.

A chaque personne interrogée, trois questions ont été posées, toujours les mêmes. Aujourd’hui, c’est au tour de Denis Mullor, 59 ans, médecin généraliste dans les quartiers Nord de Marseille d’y répondre.

Quelle première mesure doit être prise par le nouveau chef de l’Etat ?

Il y a un choix de société à faire… L’accès à la santé est un droit constitutionnel. Et donc ça doit être assuré par l’Etat. Or aujourd’hui, la santé est essentiellement financée par les cotisations sociales, et donc par le travail. Le marché du travail étant sinistré, l’assiette de financement du soin est réduite. Et donc pour assurer l’équilibre on se retourne… Vers les dépenses ! Donc ce qu’il faudrait c’est financer le système de santé par l’impôt et pas par les cotisations sociales.

On demande aux médecins et aux malades de faire des efforts. Mais on ne peut pas faire croire aux gens qu’on va les soigner mieux pour moins cher. Nous, les médecins, avons une obligation de moyens : soigner les gens du mieux qu’on peut. Et en même temps on dit aux médecins : “Vous avez une responsabilité vis-à-vis des dépenses.” Ce n’est pas tenable !

Il n’y a pas que ça… Il y a aussi le fait que notre système est trop axé sur le traitement des pathologies et pas assez sur la prévention. Ou l’administratif : dans la mesure où la médecine libérale est en danger, l’Etat pourrait proposer de prendre en charge les salariés des médecins [les secrétaires].

Aujourd’hui, on fait porter la défaillance du système sur les médecins. Et le tiers payant généralisé… C’est pareil ! C’est un choix de société. Si on veut que les gens ne payent pas, on fait une médecine d’Etat. Mais un système où ce sont les médecins libéraux qui font crédit aux mutuelles, ce n’est pas tout à fait honnête…

Êtes-vous intéressé par cette élection ? Pourquoi ?

En tant que citoyen, on ne peut pas se désintéresser de la campagne… Mais elle m’inquiète ! On n’est pas dans le fond des problèmes. On a des candidats qui sont surtout préoccupés par leur pérennité à eux, par leur réélection.

Avez-vous déjà finalisé votre vote ?

Je suis très hésitant. Je sais pour qui je ne voterai pas, mais je cherche toujours quelqu’un qui pourrait me convaincre de voter pour lui. La qualité de ce qu’on nous propose est très médiocre, c’est de la petite cuisine, du très court terme ! Pour la première fois de ma vie, j’envisage de voter blanc. Pour dire : « aucun d’entre vous ne me convient ! »