VIDEO. Présidentielle: A Lille, Marine Le Pen surfe à gauche toute

CAMPAGNE La candidate Front national à la présidentielle Marine Le Pen, qui a tenu un grand meeting de campagne à Lille ce dimanche, a mis l’accent sur « l’Etat garant »…

Anne-Laëtitia Béraud

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La candidate FN Marine Le Pen à l'élection présidentielle, le 26 mars 2017 en meeting à Lille
La candidate FN Marine Le Pen à l'élection présidentielle, le 26 mars 2017 en meeting à Lille — DENIS CHARLET / AFP

Après N’Djamena (Tchad) et Moscou (Russie) cette semaine, Marine Le Pen est revenue en France pour délivrer ce dimanche un grand discours de campagne à Lille, dans les Hauts-de-France. Une région où le Front national a prospéré sur les cendres des gauches. Résultat : 42,23 % des voix aux élections régionales de 2015. Ce Nord, la Neuilléenne l’affectionne particulièrement, même si ses absences répétées au conseil régional ont été pointées du doigt.

 

 

Au Zénith de Lille, à quelques kilomètres d’un rassemblement anti-FN, le discours du jour débute par un hommage au Nord, « terre heureuse, laborieuse, généreuse, mais aussi pétrie de la sueur des mineurs et du sang des poilus », mais aussi « martyrisée par les délocalisations » que la « caste regarde de haut ». Un territoire, où le taux de chômage au 3e trimestre 2016, à 12,2 % de la population active, décrit comme à la source des conquêtes électorales du parti. « Il y a dix ans, au cœur du bassin minier, cher Hénin-Beaumont, cher Steeve [Briois, maire d’Hénin-Beaumont], cette petite lueur est devenue flamme », lance la candidate sous les applaudissements des quelque 4 200 personnes présentes.

« Je me refuse à la logique de la destruction »

Aux perdants de la mondialisation, aux insécurisés d’une société française devenue multiculturelle, Marine Le Pen promet : « Je veux plus de France ». Pour cela, elle met particulièrement l’accent sur l’Etat. Un Etat « garant » qu’elle souhaite « remettre au service exclusif du peuple français ». Un Etat qui s’est trahi, selon elle, à Florange mais aussi en Guyane, paralysée depuis plusieurs jours par des grèves.

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La candidate souhaite encore un Etat « aux côtés des travailleurs pour produire français » qui « sera le premier défenseur de vos emplois et celui de vos enfants ». « Un État responsable qui intervient lorsque le privé est défaillant, dès lors que l’intérêt national le commande », propose encore la candidate. Son discours a des accents mélenchonistes, mais aucune mesure chiffrée.

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Mise en œuvre d’une « identité sociale »

La présidente du FN se dresse ainsi contre une « privatisation de la sécurité sociale, l’émiettement du droit du travail, la suppression de la majoration des heures supplémentaires (…) le recul de l’âge de la retraite (…) la réduction drastique de l’indemnisation des chômeurs ». Contre cette « logique de destruction », Marine Le Pen promet la mise en œuvre d’une « identité sociale », l’abrogation de la loi Travail et des dispositions de la loi Sapin 2 sur l’épargne.

Se rêvant porte-parole des plus fragiles et des « hommes corvéables à merci », la candidate vise précisément à Lille les classes populaires. L’appel à ces dernières, les « invisibles », n’a rien de neuf au FN. Elles avaient déjà été invoquées par Jean-Marie Le Pen lors de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002, avant que Marine Le Pen y fasse référence lors de son discours d’investiture à la présidence du FN en 2011. Ce dimanche, pas de référence à Jean Jaurès ou à Karl Marx qu’elle avait cités dans son livre-programme en 2012 Pour que vive la France. Marine Le Pen a cette fois salué l’un des plus grands hommes politiques britanniques, l’ancien Premier ministre Winston Churchill.

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