EXCLUSIF. Présidentielle: Le vote d'adhésion très bas chez les 18-30 ans, écœurés par la campagne

#MOIJEUNE « 20 Minutes » publie les résultats d’une enquête #MoiJeune sur la campagne présidentielle auprès des 18-30 ans…

Laure Cometti

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Illustration d'un bulletin de vote déposé dans une urne.
Illustration d'un bulletin de vote déposé dans une urne. — FABRICE ELSNER/20MINUTES

Sans concessions sur la campagne présidentielle, les 18-30 se sentent mal représentés par les candidats et seule une minorité compte voter par adhésion à l’un d’entre eux. C’est ce qui ressort d’une enquête exclusive OpinionWay* pour 20 Minutes auprès de la communauté #MoiJeune.

Une campagne jugée « pathétique » et « écœurante »

Un jeune sondé sur deux qualifie la campagne présidentielle de « pathétique » (car « on ne parle pas des sujets de fond ») et plus d’un sur trois la juge « écœurante », à cause des affaires Fillon et Le Pen. Seuls 4 % des interrogés ont répondu qu’ils la trouvent « passionnante » du fait de ses « rebondissements » et 2 % « rafraîchissante » avec ses « nouvelles têtes ». Neuf jeunes sur dix ont donc un avis très négatif sur cette campagne présidentielle inédite. Malgré ce contexte, à peine un sondé sur trois aimerait que le scrutin soit reporté.

Les affaires ont un impact sur les intentions de vote des jeunes Français selon Luc Balleroy, directeur général d’OpinionWay. « Le vote jeune reflète les tendances de la population totale, sauf pour un candidat : le vote Fillon est deux fois plus faible chez les jeunes ». Selon le sondeur, ce rejet s’explique par le projet très conservateur du candidat de la droite, qui séduit moins les jeunes, et par les affaires.

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Deux jeunes sur dix n’en ont « plus rien à faire de la politique »

En dépit de leur peu d’estime de cette campagne, les 18-30 ans sont intéressés par la politique. Une écrasante majorité d’entre eux se disent « certains » d’aller voter à l’élection présidentielle (75 %). Un nombre à pondérer selon Luc Balleroy, qui souligne que le taux d’abstention est plus élevé chez les jeunes que chez les personnes plus âgées. Toutefois 60 % des sondés estiment que « c’est le moment de se bouger » (un taux qui monte à 76 % pour les 18-19 ans mais baisse avec l’âge).

En revanche, 20 % disent n’en avoir « plus rien à faire de la politique », et 20 % ne se rangent dans aucune de ces deux catégories. « Additionné, cela fait 40 % de jeunes qui se disent « bof ». C’est beaucoup mais c’est le reflet de la tendance au niveau de la population totale ».

Malgré cette volonté affichée de vouloir voter à la présidentielle, très peu de jeunes sondés déclarent que le vote est motivé par « une adhésion forte à un parti ou un candidat » (17 %). En tête des motivations des jeunes électeurs : « l’envie d’essayer quelque chose de nouveau » (32 %), « la volonté de contrer un candidat ou un parti » (27 %) et « l’envie de mettre un coup de pied dans la fourmilière » (23 %). « Le vote contre n’est pas vraiment nouveau », note Luc Balleroy, « mais les deux autres phénomènes [le vote « coup de pied dans la fourmilière » et celui « pour essayer quelque chose de nouveau »] se sont accentués et vont structurer le vote au premier tour ».

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En cause, le sentiment chez les jeunes d’un décalage entre leurs aspirations et les candidats. Seul un jeune sur dix estime que ses idées sont « tout à fait » représentées par un candidat et 35 % juge qu’elles le sont « plutôt ». La moitié des 18-30 ans se trouvent donc en défaut d’un vote d’adhésion et cette tendance va crescendo en vieillissant.

 

Si vous avez entre 18 et 30 ans, vous pouvez participer au projet « #MOIJEUNE », une série d’enquêtes lancée par 20 Minutes et construite avec et pour les jeunes. Toutes les infos pour vous inscrire en ligne ici.

* Etude OpinionWay pour 20 Minutes réalisée en ligne du 15 au 17 mars 2017 auprès d’un échantillon représentatif de 1188 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).