Hamon: Ça donne quoi le meeting de Bercy sur l'échelle du «discours du Bourget»?

REPORTAGE « 20 Minutes » a comparé le meeting du candidat socialiste ce dimanche avec celui de François Hollande en 2012…

Thibaut Le Gal

— 

Benoît Hamon à Bercy/François Hollande au Bourget
Benoît Hamon à Bercy/François Hollande au Bourget — FRANCOIS GUILLOT / PATRICK KOVARIK / AFP

« Tout commence aujourd’hui ! Tout commence avec vous ! Tout commence par vous ! » ​ Benoît Hamon​ tenait son grand meeting de campagne ce dimanche à Paris. Face à des militants survoltés, le candidat socialiste espérait relancer sa campagne.

« Il nous faut un esprit du Bourget, car je vous rappelle qu’il nous a fait gagner », espérait Aurélie Filippetti, sa porte-parole sur LCI peu avant le show. A Bercy, l’ancien ministre a-t-il réussi son « discours du Bourget », qui avait propulsé la campagne de François Hollande en 2012 ? 20 Minutes fait le test.

Niveau ambiance : 5/5

François Hollande avait eu droit à Yannick Noah pour faire monter la température au Bourget. Avant sa prise de parole, Debout sur le Zinc et Général Elektriks ont fait trembler les enceintes (et nos tympans) entre les différentes prises de parole politiques. Pour le reste, l’Arena de Bercy était pleine à craquer et remplie de drapeaux agités avec ferveur. « Nous sommes 20.000 personnes rassemblées à l’intérieur et 5.000 personnes dehors [devant un écran] », a annoncé un membre de l’équipe. Sur l'estrade, Benoît Hamon a fait frémir à plusieurs reprises les murs de l’enceinte. Rien à dire: 5/5. 

Niveau rassemblement: 2/5

Au micro, l’animateur les a fait lever et acclamer : les quelques ministres présents, (Najat Vallaud-Belkacem, Laurence Rossignol, Emmanuelle Cosse, Matthias Fekl, Thierry Mandon et Jean-Vincent Placé) et les anciens candidats à la primaire (Arnaud Montebourg, Vincent Peillon). L’écologiste Yannick Jadot et surtout Christiane Taubira ont aussi électrisé la foule avec quelques mots.

Mais contrairement à François Hollande en 2012, Benoît Hamon n’a pas réussi à rassembler l’ensemble de sa famille politique. Martine Aubry, finaliste de la primaire en 2011, était au premier rang au Bourget. Cette fois, c’est par son absence que Manuel Valls a brillé. « Nous avons affronté des vents contraires et même une forte houle, certains avaient d’ailleurs quitté le navire avant le premier zéphyr... C’est peut-être un trait de caractère assez Breton, mais je sais garder la nuque raide face à l'épreuve, je tiens bon dans la tempête », s’est défendu Benoît Hamon. Désolé, ça ne suffit pas. 2/5. 

Niveau introspection: 4/5

​Comme son prédécesseur avant lui, Benoît Hamon a fendu l’armure, en évoquant ses premiers pas en politique. « La gauche, c’est tout ce que je suis. La gauche, c’est ma vie depuis mes premiers tracts distribués à Brest ». Et en saluant ses parents. «Leurs cadeaux, ce furent l’amour du travail bien fait, le sens de la générosité… Oui je sais d’où je viens… Mes parents ne m’ont pas seulement offert, un peu malgré eux, une conscience politique, ils m’ont offert le plus important dans une vie d’homme: une morale et une éthique». Ne manquait plus que la petite larme. 4/5. 

Niveau formule choc contre la finance: 4/5

On se souvient tous de l’attaque de François Hollande contre « le monde de la finance ». Benoît Hamon a fait allusion à cette tirade en dénonçant le « parti de l’argent », en visant Emmanuel Macron, François Fillon et Marine Le Pen. « Ce parti de l’argent a plusieurs noms, plusieurs visages, il a même plusieurs partis ». Et d’ajouter, « Il existe dans cette campagne une certaine vision de la France qui n’est pas la mienne. Un pays où l’argent serait roi et même la seule raison d’être ». Une formule un peu trop proche de son prédécesseur: un point de moins.

Niveau name dropping de la gauche: 5/5

Benoît Hamon a coché à peu près toutes les références de la gauche : ses prédécesseurs du PS, bien sûr, avec Mitterrand, Hollande, Jospin, et Royal. Mais aussi « les mineurs que défendait Jaurès », « les oubliés de Florange », et pêle-mêle, Jean Ferrat, Costa-Gavras, Jaurès, Zola, Badinter, Taubira, etc. Pour rappeler les acquis de la gauche, le candidat a d’ailleurs utilisé… une petite anaphore « Que nous oublions quoi ? ». Même Hollande approuve: 5/5.