VIDEO. De Bastille à République, Jean-Luc Mélenchon mobilise ses «insoumis» malgré les vents contraires

PRESIDENTIELLE Le candidat de la gauche radicale a réuni 130.000 personnes à Paris, selon son équipe…

Olivier Philippe-Viela

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Jean-Luc Mélenchon place de la République le 18 mars 2017.
Jean-Luc Mélenchon place de la République le 18 mars 2017. — BERTRAND GUAY / AFP

La météo aussi maussade que les sondages n’ont pas entamé la motivation de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Le candidat à l’élection présidentielle a refait le coup du 18 mars 2012, climax de sa campagne de l’époque, quand il avait réuni 120.000 personnes place de la Bastille à Paris, après une marche depuis la place de la République.

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Cette fois-ci ils étaient « 130.000 », ont annoncé les organisateurs, pour le trajet inverse, Bastille vers République. La préfecture de police de Paris n’avance pas de chiffre, comme elle n’en avait pas donné pour le rassemblement en faveur de François Fillon le 5 mars au Trocadéro.

Bastille, République, et cette date symbolique du 18 mars, jour del’insurrection de la Commune de Paris en 1871, choisie de nouveau par Jean-Luc Mélenchon pour sa démonstration de force : « Ceci est une insurrection citoyenne contre la monarchie présidentielle », a-t-il asséné une fois monté à la tribune, deux heures après le début de la marche.

« Nous serons devant Benoît Hamon »

L’ancien trotskiste et sénateur socialiste connaît ses classiques de gauche pour mobiliser son électorat, qui attendait ce rassemblement avec impatience : « Ce n’est pas qu’on était démobilisés, mais on avait besoin de ça. Cette histoire de négociations avec Hamon nous a fait perdre du temps, et les casseroles de Fillon nous empêchent de parler programme », s’exclame Delphine, retraitée de la fonction publique.

Alors que leur candidat est crédité de 11 % dans une enquête OpinionWay pour Les Echos et Radio classique parue vendredi, ses partisans en sont convaincus : Jean-Luc Mélenchon est sous-estimé par les sondages. « On nous fait croire que Macron est à 30 % », s’emporte Etienne, venu de Lille en train et en costume, un autocollant de la France insoumise en évidence sur le revers de la veste. Et ne leur parlez pas de Benoît Hamon : « On sera devant lui, c’est sûr, il n’arrête pas de baisser », assène une autre militante, retrouvant d’un coup foi dans les sondeurs.

En 2012, le rassemblement de Jean-Luc Mélenchon en faveur d’une VIe République avait été le point culminant de sa campagne : « On avait eu un espoir, mais ça n’avait pas autant marché que voulu », souffle Charlotte, une infirmière qui avait participé à la marche cinq ans plus tôt. Alors candidat du Front de Gauche, « JLM » avait récolté 11,1 % des voix.

En 2017, les « insoumis » veulent croire que ce rassemblement créera une dynamique, sans que le soufflé ne retombe. « Et même si on ne gagne pas, le message est passé, on ne pourra pas nous ignorer », jure Antonin, 20 ans, qui n’avait pas connu le rassemblement de 2012.