Affaire Fillon: Comment le candidat a tenté de faire de sa mise en examen un «non événement»

POLITIQUE Le candidat LR a été mis en examen pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux mardi matin…

T.L.G.

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Au QG de Fillon
Au QG de Fillon — Martin BUREAU / AFP

C’est une première dans l’histoire de la Ve République. A un peu plus d’un mois du premier tour, l’un des candidats à la présidentielle est mis en cause par la justice pour détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. François Fillon a été en effet mis en examen ce mardi dans l’enquête sur les soupçons d’emplois fictifs de son épouse et de ses enfants comme assistants parlementaires.

« C’est un événement essentiel de cette campagne électorale », a fustigé Jérôme Guedj, porte-parole de Benoît Hamon. Depuis plusieurs semaines pourtant, le candidat de la droite et ses soutiens font tout pour faire de cette mise en examen un « non-événement ». 20 Minutes revient sur les trois points de cette communication politique.

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1. La mise en examen est « anormale »

Ses avocats ont préparé le terrain, dès le 9 février, en demandant « au parquet national financier de se dessaisir de l’enquête préliminaire en cours », le jugeant « incompétent ». François Fillon n’a eu cesse de dénoncer par la suite la « célérité » de la justice, laissant supposer que l’enquête était téléguidée à des fins politiques. « Depuis le début, je ne suis pas traité comme un justiciable comme les autres […] Je n’accuse personne, je dis que tout ça est conduit avec une précipitation qui n’est pas normale », a-t-il répété encore lundi sur Europe 1. « J’ai dit que si j’étais mis en examen, je ne serais pas candidat, mais à condition que les conditions de cette mise en examen soient normales ». Une manière de prévenir

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2. Tuer l’effet de surprise en l’annonçant deux semaines avant

Pour éviter le feuilleton à suspense, l’ancien Premier ministre tue le suspense dès le 1er mars : « Mon avocat a été informé que je serai convoqué le 15 mars par les juges d’instruction afin d’être mis en examen. » Le candidat aurait pu être placé sous le statut de témoin assisté mais dans sa communication, il choisit de ne pas minimiser le risque de mise en examen, pour mieux le dégonfler. Le champion de la primaire espère alors déminer le terrain judiciaire pour revenir au projet politique.

3. Finalement, seul le suffrage universel est important

C’est le troisième argument utilisé par Fillon et ses proches pour banaliser cette mise en examen. Le candidat l’a d’ailleurs martelé lors de sa conférence de presse lundi matin. « Il n’y a qu’une seule chose qui existe en démocratie, c’est la volonté du peuple. Les Français choisiront. C’est eux qui se détermineront. Ce n’est pas je ne sais quels observateurs, ce sont les Français. C’est donc devant le suffrage universel que je suis debout ». Peu importe les affaires, François Fillon estime donc que ce sera aux Français de trancher le 23 avril prochain.