Présidentielle: Cambadélis appelle les socialistes à ne pas céder à la tentation Macron

PRESIDENTIELLE Alors que la campagne de Benoît Hamon patine, le premier secrétaire du PS s’inquiète de nouvelles défections…

N. Se. avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon lors de la convention d'investiture du candidat socialiste à la Présidentielle, le 5 février 2017 à Paris.
Jean-Christophe Cambadélis et Benoît Hamon lors de la convention d'investiture du candidat socialiste à la Présidentielle, le 5 février 2017 à Paris. — LEWIS JOLY/SIPA

Agacé par l’affaire Fillon, intentions de vote en baisse dans les sondages et doutes dans son propre camp, Benoît Hamon peine à relancer sa campagne.
Plus d’un mois après sa victoire à la primaire de la gauche, les défections et les critiques se multiplient. Mardi c’était au tour de l’un des piliers du parti de douter du candidat PS. Claude Bartolone, le président socialiste de l’Assemblée nationale, a confié son incapacité à se reconnaître dans la campagne de Benoît Hamon et se donnait quinze jours pour faire son choix.

Sentant le vent tourné et les chances de remporter la Présidentielle échapper au Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis a aussitôt appelé mardi à ce que « tout le monde » dans son camp garde son « sang-froid » face à la tentation de rallier Emmanuel Macron, soulignant qu’il faut du « temps » pour que « la campagne s’installe ».

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Le premier secrétaire du PS ne perd pas de vue l’objectif de cette campagne : « Pour battre Marine Le Pen, il faut une dynamique populaire, on ne peut pas la battre simplement par le people, une personnalité », a-t-il insisté, en affirmant que le PS allait « être totalement nécessaire dans la période qui s’ouvre pour la présidentielle, les législatives ».

Rester au PS ou soutenir Macron, il faut choisir

Aux élus socialistes ayant apporté leur parrainage à Emmanuel Macron, Jean-Christophe Cambadélis n’a pas laissé de choix : dans un courrier leur étant adressé, il leur a signifié qu’ils « ne peuvent plus représenter le Parti socialiste ». Le député des Alpes de Haute-Provence Christophe Castner annonçait lundi quitter le parti, suite à la réception de ce courrier.

« A chaque fois, je fixe des limites, tout en comprenant les réflexions, les interrogations. Je ne suis pas un épurateur, mais un rassembleur », essayait toutefois de rassurer le premier secrétaire du PS. « Il y a comme toujours chez les socialistes le fait que l’on veut l’emporter et qu’on est nombreux à suggérer. Moi je dis à tout le monde de garder ses nerfs. Faire des propositions au candidat, ce n’est pas inutile. Chercher à le déstabiliser, ça me semble inutile », a-t-il détaillé, tout en plaidant lui-même pour « aller chercher un électorat troublé par le tournant centre-droit de M. Macron »

Hamon montre les crocs et veut recentrer le débat

Pendant que son propre parti doute, Benoît Hamon, lui, passe à l’attaque. Mardi soir à Marseille le candidat PS a décidé de faire feu tous azimuts sur Emmanuel Macron. Il s’en est pris à son projet qu’il accuse de manquer du « plus élémentaire sens de la justice sociale », et de porter un projet qui pourrait favoriser le Front national au lieu de lui faire barrage. Ecole, retraites, dépenses publiques, Benoît Hamon a dézingué point par point le programme de son adversaire.

Lassé des scandales à répétition de cette campagne le candidat PS tente par tous les moyens de recentrer le débat sur le fond alors que les membres de sa campagne compte eux sur le premier débat entre les cinq principaux candidats, prévu le 20 mars sur TF1, pour faire émerger leur candidat.