Présidentielle: Voilà comment, l'air de rien, Emmanuel Macron profite de l'affaire Fillon

PRESIDENTIELLE L'ancien ministre de l'Economie a délivré son programme ce jeudi au moment où François Fillon est empêtré dans les affaires...

Thibaut Le Gal

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron — Lionel BONAVENTURE / AFP

Il est arrivé, calmement, pour présenter son très attendu programme présidentiel. Emmanuel Macron a détaillé ce jeudi matin son « contrat avec la nation », document d’une trentaine de pages lors d’une conférence de presse au pavillon Gabriel à quelques pas de l’Elysée, à Paris. Mais ses premiers mots n’ont pas été consacrés à son projet pour la France. Au micro, l’ancien ministre de l’Economie a d’abord pris à partie ses rivaux François Fillon et Marine Le Pen, visés par des affaires d’emplois fictifs.

« La présentation de ce projet intervient à un moment important et grave de notre campagne. Parce que deux candidats ont décidé délibérément de s’attaquer à l’Etat de droit et à l’autorité de la justice en particulier ». Emmanuel Macron sait que les affaires, et notamment celles entourant le champion de la droite, sont une aubaine pour sa candidature. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le candidat a détaillé toute une série de propositions pour moraliser la vie publique. Parmi elles, l’interdiction pour les parlementaires d’embaucher un membre de sa famille, ou d’exercer des activités de conseil. Deux allusions à peine voilée à François Fillon.

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Emmanuel Macron surferait-il sur la débandade de son adversaire ?

« Monsieur Fillon a des problèmes, ce sont les siens. On n’a jamais fixé nos analyses sur les autres camps. Nous, nous voulons continuer à rassembler les Français et à avancer », balaie le sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb.

Reste un décalage flagrant. Au moment où l’ancien ministre de l’Economie dévoile son projet, François Fillon connaît lui une journée noire. La valse de départs s’est poursuivie. Benoist Apparu, Edouard Philippe et Christophe Béchu, trois parlementaires juppéistes, se sont ajoutés à la liste des défections. Le sarkozyste Gérald Darmanin a lui affirmé sur Twitter avoir « honte de (sa) droite ». Dominique de Villepin, a signé ce jeudi une tribune très sévère dans Le Figaro, dans laquelle il accuse notamment François Fillon d'«emporter son camp dans une course vers l'abîme».

« Mieux vaut être fort sur son programme que se réjouir des turpitudes des autres »

Cette implosion de la droite, ajoutée à la « suspension » de la participation de l’UDI à la campagne, paraît être une aubaine pour Emmanuel Macron. Et pourrait entraîner de nouveaux ralliements au candidat Macron ? « Il vaut mieux être fort sur son programme que se réjouir des turpitudes des autres candidats », répond Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement En Marche !. «On me pose aussi cette question sur le candidat du Parti socialiste [lâché par une partie de son camp]. Nous voulons dépasser les clivages pour proposer une offre nouvelle. Tous ceux qui souhaitent venir seront les bienvenus ».

Autre répercussion positive pour Emmanuel Macron, le candidat devance désormais largement son adversaire de droite dans plusieurs sondages. « On reste très prudents. On ne regarde pas les sondages, et l’on sait que dans la campagne actuelle, tout va très vite. Il y a des semaines ou ça va bien, d’autres moins », répond Laurence Haïm, sa porte-parole. Voilà un peu d’espoir pour François Fillon.