Présidentielle 2017: Pourquoi les «petits» candidats galèrent à obtenir leurs 500 parrainages (selon eux)

CAMPAGNE « 20 Minutes » a assisté à la conférence de presse organisée par six candidats à la présidentielle qui alertent sur leurs difficultés à rassembler les 500 parrainages d’élus…

Laure Cometti

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Christian Troadec, Charlotte Marchandise-Franquet, Pierre Larrouturou, Philippe Poutou, Alexandre Jardin et Oscar Temaru.
Christian Troadec, Charlotte Marchandise-Franquet, Pierre Larrouturou, Philippe Poutou, Alexandre Jardin et Oscar Temaru. — Montage 20 Minutes : SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA // Facebook // CHAMUSSY/SIPA // UGO AMEZ/SIPA // GINIES/SIPA // GREGORY BOISSY / AFP

« C’est un peu comme gravir l’Everest en sprint… » « En tongs ! » Ils se permettent un peu d’humour, mais Arthur Keller et Christian Troadec savent qu’ils se sont lancés dans une course contre la montre. Le premier est responsable du programme de Charlotte Marchandise, candidate à la présidentielle au nom du scrutin citoyen en ligne laprimaire.org. Le second, régionaliste et chef de file des Bonnets rouges, brigue lui aussi l’Elysée. Il leur reste trois semaines pour obtenir les 500 parrainages nécessaires à la validation de leur candidature. Réunis ce jeudi pour une conférence de presse à Paris avec Pierre Larrouturou (candidat Nouvelle Donne) et Antoine Pelletier (qui représentait Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste), ils ont appelé les élus à les parrainer pour faire sauter « le verrou antidémocratique des grands partis ». 20 Minutes fait le point sur les difficultés citées par les six candidats.

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Problème n°1 : « On a zéro seconde de temps de parole dans les médias ! » (Larrouturou)

Selon les « petits » candidats (« il faut arrêter avec cette expression », souffle Arthur Keller), la première barrière à l’obtention des 500 parrainages est leur manque de notoriété et de médiatisation. « Les maires nous disent : On le voit nulle part, est-ce qu’il est vraiment candidat ? », raconte Antoine Pelletier du NPA. Philippe Poutou n’est d’ailleurs pas présent ce matin. « Il est aux Invalides devant l’association des maires de France, pour parler parrainages. »

Sa présence annoncée à la conférence de presse a entraîné le désistement d’Alexandre Jardin, écrivain lancé en politique avec son mouvement Bleu Blanc Zèbre, qui a signé la tribune parue ce jeudi, « Stop au verrou antidémocratique des grands partis ». Autre signataire absent : l’indépendantiste polynésien Oscar Temaru. Rama Yade, invitée, n’a pas souhaité se joindre à cet appel.

Quant à la faible médiatisation de ces six candidats, Pierre Larrouturou dit écrire au CSA « tous les mois, mais il ne se passe rien ». En attendant, « l’union fait la force » : une cinquantaine de journalistes de télé, radio et presse écrite sont venus assister à la conférence de presse dans le XIVe arrondissement parisien. Une présence médiatique supérieure à la moyenne de ces candidats.

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Problème n°2 : « Les nouvelles règles mettent plus de pression sur les maires » (Troadec)

Depuis 2016, la loi précise que les noms de tous les parrains sont publiés au fil de la campagne (alors que 500 étaient tirés au sort auparavant). Elle impose aussi aux élus d’envoyer leur formulaire de parrainage par voie postale au Conseil Constitutionnel (CC) dans un délai plus court (du 25 février au 17 mars). « Urvoas a pondu cette loi, qui sous couvert de transparence, fait craindre aux maires de donner leurs parrainages, par peur de perdre des subventions par exemple », estime Christian Troadec, à l’initiative de cet appel commun.

« La plupart des candidats qu’on voit à la télévision ont déjà 1.000, 2.000 signatures. Est-ce normal qu’ils continuent à engranger des signatures et à faire pression sur les élus pour qu’ils ne donnent pas leurs signatures à des nouvelles têtes et des nouveaux projets ? », s’emporte Pierre Larrouturou, déjà écarté de la primaire de la Belle alliance populaire, « verrouillée par Cambadélis ».

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Le NPA évoque aussi « l’autocensure » de certains édiles, quand Arthur Keller souligne « l’abstention des élus » : « en 2012, sur 42.000, moins de 15.000 ont parrainé. » Un ras-le-bol des maires à l’égard de l’élection présidentielle dont ces six candidats « hors système » aimeraient bien bénéficier. « On appelle à faire en sorte que sur les 43.000 potentiels signataires, nous recevions pour les uns et les autres 3.000 signatures » au total, lance Christian Troadec, pour que « la démocratie puisse s’exercer et s’exprimer ». Et de donner rendez-vous aux médias dans huit jours pour faire le point sur les signatures obtenues. En attendant, voici le compteur de promesses de signatures de chacun :

  • Christian Troadec : 251.
  • Philippe Poutou : « on s’approche des 300 ».
  • Charlotte Marchandise : « on arrive à 50, plus 200 promesses ».
  • Pierre Larrouturou : « il m’en manque 200 ».

 

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