Débat sur TF1: Nicolas Dupont-Aignan dénonce un «viol démocratique» et appelle au boycott

INTERVIEW Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France à la présidentielle, s’insurge contre TF1 qui ne l’a pas sélectionné pour un débat entre « gros » candidats à la présidentielle…

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud

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Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France, lors d'un débat sur la santé organisé par la Mutualité française à Paris le 21 février 2017
Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France, lors d'un débat sur la santé organisé par la Mutualité française à Paris le 21 février 2017 — CHAMUSSY/SIPA

Nicolas Dupont-Aignan, candidat Debout la France à la présidentielle, ne décolère pas. Non sélectionné par TF1pour participer le 20 mars au débat entre candidats à la présidentielle, le député souverainiste de l’Essonne appelle à boycotter la chaîne privée, scandalisé par le caractère « arbitraire » de ce « viol démocratique ». Il s’interroge sur l’origine de ce coup bas auprès de 20 Minutes ce mercredi midi…

Comment qualifiez-vous le choix de TF1 de ne pas vous inviter ?

TF1 veut choisir les candidats à la place des Français. Or, c’est aux Français de déterminer qui sera le plus populaire au premier tour. Si l’on prend le critère de TF1, c’est-à-dire 10 % dans les sondages, Benoît Hamon n’aurait pas pu participer au premier débat de la primaire de la gauche, et François Fillon n’aurait pas pu participer au premier débat de la primaire de la droite. La sélection de TF1 est totalement arbitraire et scandaleuse. Cette chaîne restreint le choix des Français et favorise de fait l’intérêt sur quelques candidats. Je remarque de surcroît que c’est au moment où beaucoup de Républicains quittent François Fillon et me rejoignent que l’on me fait disparaître du débat. Et ce n’est pas la question d’être un petit candidat, car je ne suis plus un petit candidat : j’ai eu autant de voix aux régionales que Jean-Luc Mélenchon. Et cela, ce n’est pas un sondage mais le résultat d’une élection il y a un an. C’est un viol démocratique.

Vous dites que l’on voudrait vous « faire disparaître ». Qui est-ce « on » ?

Je remarque qu’il y a trois de candidats de gauche, Mélenchon, Hamon, Macron, un seul candidat à droite, François Fillon, puis Marine Le Pen. Au moment où beaucoup de Républicains me rejoignent et sont scandalisés par l’affaire Fillon ? C’est curieux. J’apprends de surcroît que [la communicante] Anne Méaux d’Image 7 conseille à la fois François Fillon et Gilles Pélisson le PDG de TF1. Je m’interroge, est-ce volontaire, est-ce organisé entre eux ?

Selon vous, cela viendrait du camp de François Fillon ?

J’ai le sentiment qu’ils ont peur de la concurrence. Quel est le meilleur moyen de faire taire la concurrence ? C’est interdire le débat. Et je remarque que François Bayrou n’est pas convié, même s’il représente un courant politique.

François Bayrou n’est pas à cette heure (13 h 00) candidat…

On verra ce soir. Au-delà de ça, il y a une crise politique majeure en France. Les Français n’ont plus confiance dans les médias, ils se méfient de la classe politique. Est-ce la meilleure façon de les réconcilier avec la politique que de choisir par avance ceux qui ont le droit et ceux qui n’ont pas le droit [de débattre] ? Là, on change le mode de sélection des candidats à la présidentielle, et en plus on se base sur des sondages qui se trompent toujours. Prenons au moins le résultat des élections : aux dernières régionales, je suis le sixième parti de France. Point.

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Pourquoi appelez-vous à boycotter TF1 ?

J’ai été surpris par la réaction sur les réseaux sociaux. Nous avons été en tête de tweets hier, et ce n’est pas le fait de mes seuls militants. C’est une réaction unanime de personnes des Républicains, de socialistes, de Français qui sont très choqués de cette sélection avant le premier tour. Et je dis que la meilleure manière de faire fléchir TF1 qui est une entreprise commerciale, c’est de s’attaquer à leurs écrans publicitaires. Donc on éteint l’écran publicitaire TF1 ce soir, et ils vont comprendre que l’on ne peut mépriser le peuple. Est-ce les Français ou une chaîne de télé qui décide ? Dans tous les pays démocratiques du monde, comme aux Etats-Unis ou en Angleterre, il y a bien des débats avec 9 à 12 personnes. Donc on ne peut pas me répondre que cela n’est pas possible en France. Et cela a été fait lors des primaires, avec des débats avec Jean-Frédéric Poisson ou Jean-Luc Bennahmias qui sont bien moins connus que moi. Jean-François Copé a fait 0,3 % des voix à la primaire de la droite mais a eu droit à dix heures d’antenne. Et moi, avec un million de voix, rien ?

Vous vous plaignez du traitement de tous les médias ?

Je remercie France 2 qui maintient son débat le 20 avril. C’est l’honneur du service public. Et je vois que les médias commencent à se méfier des sondages qui se trompent toujours.

Où en êtes-vous dans les promesses de parrainages ?

Je suis prudent, mais c’est en bonne voie. Je ne donne pas de chiffres car cela n’a aucune valeur.