Annulations, reports de meeting… Sur le terrain, la campagne se complique pour François Fillon

PLANNING Empêtré dans les affaires, le candidat de la droite à la présidentielle doit également faire face à des annulations de meetings...

Laure Cometti

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François Fillon en meeting à Poitiers le 9 février 2017.
François Fillon en meeting à Poitiers le 9 février 2017. — Jean Michel Nossant/SIPA

L’affaire Fillon a eu pour conséquence concrète de chambouler l’agenda du candidat à la présidentielle. Après les premières révélations du Canard enchaîné, le 25 janvier dernier, le programme des réunions publiques n’a pas, dans un premier temps, été modifié. Le meeting du 29 janvier à Paris a bien eu lieu, comme celui de Charleville-Mézières le 2 février. Mais, depuis une semaine, les annulations et reports « à une date ultérieure » s’enchaînent, officiellement pour des raisons d’agenda. Or, certains élus Les Républicains s’avouent réticents à l’idée d’accueillir le candidat empêtré dans un scandale qui ne s’essouffle pas.

Un meeting prévu le 16 février à Limoges annulé

Il faut dire que la présence de quelques manifestants lors des déplacements de François Fillon fait tache. A Romilly-sur-Seine (Aube) le 7, le candidat a été traité d'« escroc », à Poitiers, le 9, il a été accueilli avec des casseroles avant son meeting, sur l’île de la Réunion il a également été chahuté par des manifestants. Il a même dû annuler une visite au mémorial Charles-de-Gaulle de Saint-Denis, selon Le Monde.

Une réunion publique prévue à Limoges cette semaine a aussi été annulée. Selon le cabinet du maire, la décision a été prise au début de la semaine du 6 février. Pourtan,t le meeting figurait encore à l’agenda du candidat jusqu’au lundi 13. « Il devait avoir lieu le 17, mais les équipes de Fillon ont jugé que cette date n'était pas idéale à cause des départs en vacances, et ils ont voulu décaler au 16 », indique le cabinet de l’édile. « Ce n’est pas un secret que le maire de Limoges préfère ne pas être associé à la campagne en ce moment », siffle-t-on avec amertume dans l’entourage de François Fillon, où l’on déplore que « certains élus sont plus difficiles à convaincre ». Emile Roger-Lombertie se défend de ne pas soutenir le candidat : « C’est uniquement pour des raisons d’agenda que nous avons annulé. » Il invoque un conseil municipal prévu le 16 à 19 h « depuis deux mois : impossible à décaler ».

Pas de plan B pour le 16 février

Faute de meeting à Limoges, le camp Fillon a cherché un plan B. En vain. Si Clermont-Ferrand a été envisagé, « les délais d’organisation étaient trop courts et cette visite tombait en plus pendant les congés scolaires », s'est justifié Brice Hortefeux dans La Montagne.

La date du 16 février semble décidément maudite pour les fillonistes : Thierry Solère a annulé lundi une réunion publique près de Dijon, à Saint-Appollinaire. « Est-ce un cafouillage d’agenda ou une urgence ? Je l’ignore », indique Adrien Huguet, en charge des relations presse du député-maire Rémi Delatte, qui indique que « 300 à 400 personnes étaient attendues ». Cette annulation de dernière minute a entraîné selon lui une « déception chez les militants, mais pas de démotivation ».

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Neuf jours de « vide » dans l’agenda des meetings

Reste que l’agenda de François Fillon est vide entre le meeting à Compiègne (Oise) mercredi soir et celui à Maisons-Alfort le 24 février. « Il va se remplir », espère-t-on du côté du QG de François Fillon, avec une pointe d’embarras. « La campagne a changé, peut-être qu’il a moins besoin de s’exposer », tente-t-on.

Plusieurs élus et parlementaires LR font part de leurs difficultés à relancer la campagne sur le terrain. « Je ne connais pas beaucoup de militants qui veulent encore aller tracter. On ne peut pas faire campagne sans cette machine politique », confie ce mardi le sénateur Alain Houpert à 20 Minutes.

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Faute d’assurer des meetings, le candidat envoie ses lieutenants aux quatre coins du pays. NKM animera jeudi une réunion de soutien à Langueux (Côtes-d’Armor), le même soir que Valérie Pécresse qui sera, elle, à Sautron (Loire-Atlantique). Vendredi, Bruno Retailleau lancera la campagne de François Fillon dans la Manche, à Saint-Lô. Plus tard ce lundi soir, son équipe a envoyé un communiqué pour annoncer que 17 «orateurs nationaux» se rendront «sur le terrain» pour organiser 15 réunions publiques jeudi et vendredi.