VIDEO. Présidentielle: Qu’attend François Bayrou pour présenter sa candidature?

POLITIQUE Le président du Modem François Bayrou va annoncer d’ici au 23 février sa décision de se lancer, ou non, pour la quatrième fois, à l’élection présidentielle…

Anne-Laëtitia Béraud

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Le président du MoDem François Bayrou, lors d'un meeting à Guidel dans l'ouest de la France, le 25 septembre 2015
Le président du MoDem François Bayrou, lors d'un meeting à Guidel dans l'ouest de la France, le 25 septembre 2015 — JEAN-SEBASTIEN EVRARD AFP

François Bayrou ménage son suspense. D’ici au 23 février, date du début du recueil des parrainages pour la présidentielle, le président du Mouvement démocrate doit annoncer « SA décision » : Soit il se lance à nouveau à la conquête de l’Elysée, soit il renonce et soutient éventuellement un autre candidat. Si François Bayrou répète çà et là depuis le début du mois qu’il se sent « prêt », une quatrième candidature à la présidentielle n’est pas certaine, assurent ses proches. Plusieurs éléments pourraient influer sur sa décision…

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Dans l’entourage de François Bayrou, tous affirment en effet que le président du Modem n’a pas pris sa décision. « A ce jour, il n’a pas arrêté son choix mais cela ne saurait tarder », assure Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du parti. « Il pourrait s’être décidé et je pourrais ne pas souhaiter vous le dire. Mais ce n’est pas le cas. Et non, François Bayrou n’a pas pris de décision à ce jour », martèle l’élue.

« Il n’a pas pris de décision »

Une incertitude relevée par le député Modem de La Réunion Thierry Robert, qui a rallié début février Emmanuel Macron après une « attente insoutenable » liée à l’indécision de François Bayou. « [Le président du Modem] est dans l’incertitude totale et je pense qu’il souffre de cette période très difficile », relève Thierry Robert. « Mais à un moment, il faut faire des choix », tranche celui qui a toujours sa carte au Modem.

« François Bayrou se sent prêt à le faire mais il ne fera pas n’importe quoi », assure encore la sénatrice du Loir-et-Cher et vice-présidente du Modem Jacqueline Gourault.. « Il est à l’écoute de son bureau exécutif même s’il prend seul ses décisions », ajoute-t-elle avant de résumer : « François Bayrou regarde les différents paramètres de cette période de campagne totalement instable avant de se décider ».

Le sort de Fillon décidera en partie de la candidature Bayrou

Cette incertitude de François Bayrou est liée « au cadre de la présidentielle qui n’est toujours pas connu », souligne Marielle de Sarnez. En effet, les centristes attendent de voir si François Fillon, pris dans la tourmente politico-judiciaire à propos de présumés emplois fictifs, va se maintenir ou non comme le candidat de la droite à la présidentielle. « Entre ce que décide la justice et la pression des députés Les Républicains, la situation est très incertaine en ce qui concerne François Fillon. Si ça bouge chez les LR, cela va évidemment influer sur ce que va décider François Bayrou », explique la députée européenne.

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Les candidatures de Marine Le Pen (Front national) et d’ Emmanuel Macron (En marche !) sont elles aussi surveillées. « Le poids de Marine Le Pen entre évidemment dans la réflexion générale, car elle marque des points sur les insuffisances des partis depuis des années. Il faut un rassemblement large contre Marine Le Pen », ajoute Marielle de Sarnez. La candidature d’Emmanuel Macron suscite quant à elle « pas mal de questions » à Marielle de Sarnez qui s’interroge à propos de sa « vision de la mondialisation ou de la société ».

Un commentaire à l’opposé de celui du député de La Réunion Thierry Robert, qui estime « raisonnable » un ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron pour pouvoir espérer battre Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. « J’ai dit à François Bayrou qu’il avait les clés de l’Elysée », ajoute le député qui vient d’être nommé au comité politique national d’En marche !. « J’appelle de mes voeux un dialogue en vue de la présidentielle. Macron président et François Bayrou Premier ministre, ce serait excellent », ajoute encore le député Thierry Robert.

Finances, parrainages, sondages et lassitude des électeurs écartés

Outre les candidatures concurrentes, d’autres éléments pourraient-ils influer sur la décision de François Bayrou ? Les éventuelles difficultés concernant le financement de la campagne ou la recherche des parrainages sont balayées par les centristes. « Nous ne sommes pas un parti riche, mais nous avons zéro dette et nous sommes propriétaires de notre siège », rappelle Marielle de Sarnez qui table sur une éventuelle campagne présidentielle « sobre ».

Enfin, après l’élimination des candidats Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Manuel Valls ou Cécile Duflot lors des primaires, l’aspiration au renouveau pourrait-elle faire chuter le vétéran François Bayrou ? « Je n’y crois pas », assure la vice-présidente du Modem Marielle de Sarnez. « Tout d’abord, François Bayrou n’a jamais gouverné et c’est l’alternance PS-UMP au pouvoir qui a lassé. Ensuite, François Bayrou possède une expérience et une maturité rassurantes en ces temps troublés », argue la députée européenne.

Quant à la question des sondages, qui évaluent aujourd’hui la candidature de François Bayrou aux alentours de 5 % d’intentions de vote, elle est écartée par Marielle de Sarnez. « François Bayrou et le Modem n’ont jamais pris de décisions majeures selon les sondages. Par ailleurs, ils sont totalement faussés car ils évaluent aujourd’hui, pêle-mêle, des candidats et des personnalités qui ne le sont pas. »