Affaire Fillon: Une fois de plus, le putsch anti-Fillon fait pschitt

REPORTAGE Les députés frondeurs ont de nouveau tenté de débrancher le candidat...

Thibaut Le Gal

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François Fillon à son arrivée lors de sa conférence de presse du 6 février 2017.
François Fillon à son arrivée lors de sa conférence de presse du 6 février 2017. — Christophe Ena/AP/SIPA

En fin de matinée, ce mardi, un groupe visite la salle des quatre colonnes, à l’Assemblée nationale. La guide montre du doigt, amusée, la foule de journalistes présents. « C’est ici que les médias attendent les dernières informations sur François Fillon… » Enormément de caméras et de micros attendent en effet les députés dans les couloirs de l’Assemblée. Au même moment, à l’étage, une crise couve chez Les Républicains.

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« Demander un bureau politique, une connerie monumentale ! »

La veille, une vingtaine de parlementaires a évoqué, lors d’un dîner, l'« impossibilité de faire campagne » après le Penelopegate. La réunion est donc tendue. « Il y a eu de nombreux échanges, en majorité pro-Fillon, mais aussi des critiques. Plusieurs députés ont fait part de leurs difficultés à faire campagne », raconte un parlementaire présent à la réunion. Certains demandent la tenue d’un bureau politique.

Christian Jacob, patron du groupe LR, érupte. « Il a dit : "organiser un dîner pourquoi pas, mais demander un bureau politique, c’est une vraie connerie monumentale !" Georges Fenech s’est alors longuement expliqué, et a retiré sa demande ». Dans la matinée, le chef de file des frondeurs avait pourtant fait circuler « une lettre ouverte » réclamant un bureau politique face à « une crise majeure ».

Fillon, « moi ou le chaos »

Comme lors de ses dernières sorties, l’ancien Premier ministre éteint l’incendie. « Cette décision (de rester), je l’ai prise, je ne reviendrai pas dessus. La question, est-ce que vous m’aidez ou est-ce que vous me compliquez la tâche ? ». François Fillon a rejoué l’air du moi ou le chaos », poursuit le parlementaire. Suffisant pour enfin resserrer les rangs ?

Après la réunion, les députés se succèdent devant les journalistes, donnent la bonne parole. « Nous sommes une famille politique. Il était donc intéressant de se dire les choses. Cela a été difficile pour certains parlementaires, mais nous sommes maintenant tous rassemblés derrière notre candidat », veut croire Thierry Solère, son porte-parole.

Valérie Boyer ne peut pas s’empêcher une petite pique. « Je vais inviter Georges Fenech à Marseille. Il verra qu’il est tout à fait possible de faire campagne ».

Le malaise n’est pas totalement dissipé pour François Fillon. Le candidat, qui a encore dû annuler plusieurs rencontres de terrain cette semaine, n’a pas dissipé tous les doutes. Alain Houpert, sénateur LR de la Côte-d’Or, en remet d’ailleurs une couche dans un entretien accoré à 20 Minutes en fin d’après-midi. « Nous sommes 40 à penser la même chose, il y a un malaise chez les parlementaires […] Notre candidat n’est plus audible, il faut en changer ».