Législatives 2022 : Avec huit candidats au second tour, le RN peut-il remporter un siège en Alsace ?

ASSEMBLEE NATIONALE Pour la première fois, le Rassemblement national a réussi à qualifier huit candidats dans les quinze circonscriptions alsaciennes. Combien seront élus dimanche ? « Au moins deux ce serait top », estime-t-on au RN

Thibaut Gagnepain
Une urne électorale (illustration).
Une urne électorale (illustration). — UGO AMEZ/SIPA
  • En Alsace, le RN a placé huit candidats au 2e tour. L’un d’entre eux réussira-t-il à passer l’écueil du second tour pour siéger à l’Assemblée nationale ?
  • « On est très content. C’est une bonne nouvelle qui prouve l’implantation de nos idées et de nos représentants sur le territoire », réagit Hombeline Du Parc, la déléguée départementale du Rassemblement national dans le Bas-Rhin.
  • « On ne peut pas dire qu’il n’y a aucune chance qu’un député du RN ne passe pas dimanche en Alsace », explique avec prudence Sébastien Michon, chercheur au CNRS à Strasbourg.

Une percée. Le Rassemblement national (RN) a réussi un véritable bond en Alsace dimanche dernier, au premier tour des élections législatives. Jamais le parti n’avait jusque-là qualifié plus d’un candidat dans les quinze circonscriptions : huit seront dimanche en lice. « On est très content. C’est une bonne nouvelle qui prouve l’implantation de nos idées et de nos représentants sur le territoire », réagit Hombeline Du Parc, la déléguée départementale RN dans le Bas-Rhin. « Maintenant, il faut transformer l’essai. » C’est-à-dire envoyer des députés bleu marine à l’Assemblée nationale.

Dans la région, ce n’est arrivé qu’à deux reprises. En 1986, Robert Spieler et Gérard Freulet avaient été admis au Palais-Bourbon. « C’était au moment du scrutin à la proportionnelle. Ils avaient été élus sur une liste, pas sur leurs noms », rappelle le politologue local Philippe Breton, à moitié surpris par les résultats de dimanche dernier. « Pour être honnête, je ne m’y attendais pas. Mais, indépendamment de ce qu’on peut penser de ce parti, il avait réalisé plus de 40 % au 2e tour de la présidentielle. Les scores RN en Alsace depuis quelques années forment un escalier qui monte. Donc c’est finalement juste normal de les retrouver si haut. »

« Il faudrait vraiment un miracle »

Et bientôt avec un mandat ? « On ne peut pas dire qu’il n’y a aucune chance qu’un député du Rassemblement national passe dimanche en Alsace », répond avec prudence Sébastien Michon, chercheur au CNRS à Strasbourg. « Une élection, ce n’est jamais de l’arithmétique. Cela dépendra de qui va se déplacer, l’abstention étant en général plus élevée au deuxième tour qu’au premier. »

« Il faudrait vraiment un miracle pour qu’un seul soit élu », réagit, lui, de manière plus tranchée Philippe Breton. « Le souci des candidats RN, c’est qu’ils n’ont pas de réserve de voix car ils n’ont d’alliance avec personne. » « On n’a pas d’alliés d’appareils mais on a avec nous tous les Français patriotes, tous ceux qui tiennent à leur pays », rétorque Hombeline du Parc, ulcérée par le comportement des battus du premier tour. Comme partout en France, une large majorité a appelé à faire obstacle au RN. « C’est un vrai manque de respect à l’égard des gens qui votent pour nous. On est un parti démocrate. »

Avec ses chances. Comme dans la 8e circonscription du Bas-Rhin autour de Wissembourg, où les deux politologues s’accordent pour dire qu’elle pourrait basculer. Dimanche dernier, Ludwig Knoepffler avait ainsi signé le meilleur score (26,28 %), devant Stéphanie Kochert (Ensemble !, 24,59%). « Marine Le Pen y était en tête aux présidentielles et ce candidat est moderne, jeune, très présent », détaille Sébastien Michon. « Il a un côté cool, pas du tout radical », abonde son confrère.

Ailleurs, au jeu des pronostics, cela semble plus compliqué pour les représentants du Rassemblement national. Sauf peut-être pour Christian Zimmermann dans la 3e circonscription du Haut-Rhin (Altkirch). « Il fera beaucoup plus que ses 20 % du 1er tour [20,38 %, en tête] », assure le chercheur. « C’est quelqu’un de très connu là-bas, un homme de terrain », abonde la secrétaire RN du Bas-Rhin en faisant un souhait. « Au moins deux députés en Alsace, ce serait top. »