Législatives 2022 : Ebranlé par les résultats, le parti présidentiel s'emmêle les pinceaux sur les consignes de vote

LE DOUTE Ni déçus, ni contents, les membres de la majorité tentent de faire bonne figure après des résultats décevants, ne pensant qu’au second tour

Rachel Garrat-Valcarcel
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Elisabeth Borne lors de son vote, dimanche matin, dans la circonscription de Vire.
Elisabeth Borne lors de son vote, dimanche matin, dans la circonscription de Vire. — SAMEER AL-DOUMY / AFP

Au QG d’Ensemble, Paris 8e

Ni oui, ni non, bien au contraire. Au soir du premier tour des élections législatives, Ensemble, la coalition macroniste, ne sait pas sur quel pied danser. Avec 25,7 % des suffrages, elle est en recul de plus de six points par rapport à son score de 2017. Elle est en recul de deux points aussi sur le score d’Emmanuel Macron à la présidentielle, et c’est inédit pour le camp du gagnant de la présidentielle aux législatives qui suivent. La majorité absolue est possible dimanche prochain mais est loin d’être assurée.

Alors, évidemment, difficile d’être satisfait dans ces conditions, d’ailleurs Stanislas Guerini, le secrétaire général de La République en marche, refuse le mot. « Je serai satisfait quand on aura une majorité », clame le ministre de la Fonction publique, lui-même aux prises dans un duel difficile face à la Nupes dans la 3e circonscription de Paris.

Mais dimanche soir, on refusait aussi le terme de « déception », rue du Rocher, au QG de LREM. « Qui est déçu ici ? », ironisait un collaborateur du parti, peu après 20 heures, devant les journalistes présents. En fait, chez les macronistes, on a absolument les yeux rivés vers le second tour. Certes, le score à l’issue du premier tour est faible, surtout avec ce coude à coude avec la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale), mais les macronistes croient que la gauche ne transformera pas l’essai le 19 juin. Ainsi, la Première ministre, Elisabeth Borne, en a appelé « au rassemblement de tous les républicains » face « aux extrêmes ». Comprendre : et le RN et la Nupes.

Incertitude sur les appels à faire barrage au RN

A ce sujet, dimanche soir la majorité présidentielle a aussi sévèrement patiné sur la question des seconds tours où elle n’est pas présente. Quand la Nupes fait face au RN, quelle politique adopter ? « Face à nous se pose une confusion inédite aux extrêmes. Nous ne céderons rien ni d’un côté ni de l’autre », a déclaré Elisabeth Borne dans sa prise de parole, laissant entendre qu’Ensemble ne voyait pas la différence entre un député RN et un député Nupes. Stanislas Guerini avait lui une position encore un peu différente, un peu plus tard : « Nous ferons au cas par cas ». Entre les lignes, on croit comprendre que, quand le candidat Nupes est socialiste ou écologiste, le barrage pourrait fonctionner, moins si le candidat est insoumis.


Plus tard encore, la porte-parole de LREM, Maud Bregeon, a surpris en déclarant : « Je veux être très claire ce soir, pas une voix ne doit aller au RN. Partout nous appelons à faire battre l’extrême droite », en insistant bien sur son statut de porte-parole du parti présidentiel. Bref, rien ne semble très clair chez Ensemble. Sans parler de panique devant les résultats (après tout, la majorité absolue est toujours tout à fait possible), on a clairement senti la macronie ébranlée par les résultats du premier tour des législatives.