Législatives 2022 dans la Meuse : Un candidat dit aux électeurs « Ne votez pas pour moi »

POLITIQUE Non investi par le parti présidentiel auquel il était fidèle, Jean-Luc Duret avait déposé sa candidature après avoir vu son concurrent être déclaré inéligible. Sauf que « Renaissance » a encore choisi quelqu’un d’autre, le Meusien ne veut « pas participer à la division des voix » et appelle donc les électeurs à ne pas voter pour lui

Thibaut Gagnepain
— 
Aux législatives, Jean-Luc Duret ne veut surtout pas se faire élire député de la Meuse.
Aux législatives, Jean-Luc Duret ne veut surtout pas se faire élire député de la Meuse. — A Duret / 20 Minutes
  • Un candidat aux législatives dans la Meuse colle des affiches avec un message clair : « Ne votez pas pour moi ! »
  • Pourquoi Jean-Luc Duret en est-il arrivé là ? 20 Minutes vous raconte une histoire un brin ubuesque.
  • Malgré la déception ressentie de ne pas avoir été choisi par le parti présidentiel, Jean-Luc Duret continue de croire en Emmanuel Macron, « son programme est le bon pour la France ».

Les électeurs de la 2e circonscription de la Meuse auront le choix entre 12 candidats le 12 juin pour le premier tour des élections législatives. Petite subtilité : l’un d’entre eux ne veut surtout pas se faire élire ! C’est écrit clairement sur ses affiches officielles : « Ne votez pas pour moi ! »

« Les pauvres, ça devrait perdre certains électeurs », s’amuse Jean-Luc Duret auprès de 20 Minutes. Responsable La République en marche (LREM) pour le département « depuis 2018 », ce consultant agricole ne s’attendait pas à pareil épilogue après tant d’années de fidélité. « J’avais été très actif pendant la campagne présidentielle et sans attendre de récompense, je pensais être devenu le candidat naturel. » Surtout après le retrait de la députée sortante et dissidente LREM Emilie Cariou.

Sauf que la majorité présidentielle a d’abord décidé de parachuter Patrick François. Jusqu’à ce que l’ancien directeur Grand-Est de la Caisse des dépôts ne soit déclaré inéligible par la préfète, décision confirmée par le tribunal administratif saisi en urgence. La faute à ses anciennes (grandes) responsabilités.

Quand même fidèle à Emmanuel Macron

« J’ai appris ça le vendredi 20 mai à 16 heures, soit deux heures avant la fin du dépôt des candidatures. On m’a donc conseillé de déposer la mienne », retrace Jean-Luc Duret, qui alors croisé Anne Bois en sortant de la préfecture. L’ex-suppléante de la liste de Patrick François avait été poussée de son côté par Renaissance (ex-LREM). « A 17h55, j’étais candidat et à 18 heures, je ne pouvais plus retirer ma candidature », résume celui qui ne veut surtout pas être considéré comme dissident.

Car malgré la suspension de sa fonction de référent pour le parti présidentiel et le lancement d’une procédure d’exclusion, le presque sexagénaire continue à croire en Emmanuel Macron. « Oui, je pense que son programme est le bon pour la France. »

D’où, aujourd’hui, des affiches très claires pour « ne pas participer à la division des voix dans une circonscription qui a voté à 57 % pour Marine Le Pen au 2e tour de la présidentielle. » En ce sens, Jean-Luc Duret ne fournira aucun bulletin de vote aux bureaux meusiens. « J’ai fait cette affiche car je voulais alerter sur ce qu’il s’était passé. Mais je ne tire pas sur Anne Bois ni sur le parti. » Il aimerait juste, à terme, que « la politique qui se dit nouvelle saura et pourra se défaire de toutes les manigances d’arrière-cour que j’espérais révolues ».