Législatives: Ça va changer quoi, ces soutiens respectifs de Hamon et Mélenchon?

ELECTIONS Jean-Luc Mélenchon a appelé à voter pour les frondeurs et Benoît Hamon pour une candidate insoumise…

T.L.G.

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Les hommes politiques Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon lors d'une manifestation à Paris le 21 janvier 2010
Les hommes politiques Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon lors d'une manifestation à Paris le 21 janvier 2010 — CHAMUSSY/SIPA

Une vague Macron s’apprête à déferler sur l’Assemblée nationale. Mais quelques îlots tentent de résister. Face aux candidats de la République en marche, la « gauche » s’essaie à ce qu’elle n’a jamais réussi à faire ces derniers mois : l’unité.

Interrogé par Le Gros Journal, Benoît Hamon a indiqué qu’il soutenait « sans hésiter » Farida Amrani, la candidate de La France insoumise face à Manuel Valls dans l’Essonne. Luc Carvounas, candidat PS et porte-parole du PS pour les législatives, a appelé mardi à soutenir « tous les candidats » de « gauche » qualifiés pour le second tour des législatives face aux candidats LREM.

De l’autre côté, Jean-Luc Mélenchon a apporté mardi son soutien pour le second tour des législatives aux quatre députés PS frondeurs encore en lice : Christian Paul (Nièvre), Yann Galut (Cher), Régis Juanico (Loire) et Barbara Romagnan (Doubs).

« Garder les fenêtres ouvertes pour rassembler massivement face à Macron »

« On a décidé qu’on allait appeler à voter pour les quatre socialistes qui avaient signé la motion de censure contre la loi Travail. Je ne vous dis pas les histoires que ça fait dans nos rangs… Mais il fallait faire ce geste, sinon on nous aurait encore fait passer pour des agressifs », a lancé lundi soir à Paris Jean-Luc Mélenchon, venu soutenir sa candidate dans la 10e circonscription.

Leïla Chaibi est en difficulté face à la marcheuse Anne-Christine Lang (14,62 % contre 42.38 %). « Ce n’était pas une circo facile, donc c’est une fierté d’être au deuxième tour », confie l’intéressée. « Il ne faut ni se recroqueviller sur nous-mêmes ni regarder en arrière, mais convaincre les abstentionnistes et garder les fenêtres ouvertes pour rassembler le plus massivement possible face à Macron. Je me réjouis d’ailleurs que Pascal Cherki [député PS] m’ait apporté son soutien. »

Malgré l’aide de certains membres du PS, la partie s’annonce difficile. La candidate LREM a plus de 25 points d’avance et pourrait puiser dans les 12 % obtenus par la droite. « Une semaine, c’est quand même très court pour remobiliser les électeurs de gauche », reconnaît Olivier, militant LFI présent lundi soir. « Les soutiens socialistes sont forcément une bonne chose, mais ça arrive tardivement dans la campagne. Il aurait fallu prendre conscience plus tôt que, sans l’union de la gauche, gagner serait difficile », poursuit Franck à ses côtés.

« Certains militants socialistes nous ont rejoints pour tracter, mais il faut avouer que le retour n’est pas génial, ajoute Raphaël. Ce qui aurait été bien, c’est que les candidats PS et EELV nous soutiennent et appellent directement leurs militants ».

« Plus d’hésitation à voter pour moi »

Dans la 1re circonscription de Loire, Régis Juanico voit d’un bon œil l’appel de Jean-Luc Mélenchon. « C’est très utile. Toutes les voix compteront dans un second tour qui sera très serré. Beaucoup d’électeurs insoumis que nous avons croisés depuis dimanche hésitaient à voter au 2e tour », assure-t-il. « Avec l’engagement de JLM, il n’y a plus d’hésitation à voter pour moi. » Avec 15 points de retard sur Magalie Viallon (LREM), les 10 % de la candidate LFI ne devraient pas suffire.

Alexandre, militant LFI de 29 ans, résume la situation. « On espérait une clarification politique à la présidentielle, puis pour les législatives. Mais les lignes commencent seulement à bouger. Il va falloir encore du temps pour que la recomposition politique se mette en place. »